Avis – Tonikaku Kawaii

Dans cet océan de guimauves roses à n’en plus savoir quoi faire, une œuvre a décidé de contourner le problème et de prendre son destin par la main pour ne plus le lâcher.

Se souvenir de toutes ses expériences animées de romance est chose impossible. En revanche, conter les œuvres qui présentent l’après mariage ou bien une vie de couple avancée est nettement plus aisé tant leur nombre est bas. Tonikaku Kawaii emprunte le long fleuve de l’amour pour dresser une relation hors-norme entre l’énergétique Nasa et la douce Tsukasa.

Vous pouvez retrouver ce même avis sous format vidéo avec en extra quelques retours de la communauté en plus dans sa seconde moitié

En entrant au lycée, Nasa Yuzaki a eu le coup de foudre pour la belle et mystérieuse Tsukasa. Lorsqu’il lui avoue ses sentiments, elle lui répond : « J’accepte de sortir avec toi, mais seulement si on se marie. » Quelques années plus tard, tout juste arrivés à l’âge adulte, Nasa et Tsukasa vont enfin commencer leur vie amoureuse ! 

Un soir perdu dans ses pensées, Nasa croise la route de Tsukasa. Telle une révélation sous un clair de lune, Nasa n’arrive plus à décrocher les yeux et ses pensées de la ravissante Tsukasa. Il veut lui dédier toute sa vie.

Cette rencontre sort de l’ordinaire, pour ne pas dire surnaturelle et présente d’une façon très mystérieuse le personnage de Tsukasa. Le public comprend bien vite que Tsukasa n’est pas une femme comme les autres, l’œuvre tout du long fait un parallèle avec la lune et le conte de la princesse Kaguya. Le manque d’informations autour de Tsukasa, son comportement étrange ou les allusions soutenues sur cette histoire dramatique donnent une légère touche mystique et ambiguë à cette œuvre, non pour nous déplaire.

Suite à diverses circonstances, les deux jeunes inconnus se retrouvent mariés et vivant sous le même toit. Enormément d’œuvres animées shonen ne passent jamais le stade de la déclaration et du développement de la vie de couple, découvrir ainsi un Tonikaku Kawai qui contourne cet embouteillage de relations biaisées et/ou stagnantes fait grandement plaisir.

En réalité oui et non. L’anime présente tout un tas de situations propres à la vie de couple, certaines uniques comme la procédure pour se marier au japon, la première rencontre avec les beaux-parents, la réflexion autour du lit double (…) ou bien des routines comme faire les courses, laver le linge, prendre le bain etc. Sur cet aspect, je ne peux que me réjouir de ce diaporama des plus rafraichissant.

Tonikawa shut up

Pour autant, certains diront que l’anime ne fait que dresser le quotidien d’un couple sans réelle plu value. En écartant tous les questionnements et introspections comme le fait à merveille Adachi to Shimamura, leur relation stagne. Il s’aime, point à la ligne avec ni haut ni bas.

C’est au travers de cet anime, qu’on comprend à quel point le chemin parcouru et à parcourir peut-être importants dans de telles œuvres. En général, c’est cela qui donne une dimension à la romance ou à toute histoire, sans lui l’étincelle ne devient pas une flamme des plus vives.

Or dans Tonikaku Kawaii, on ne recherche pas une partie de jambes en l’air, loin de là. Pas plus que de réflexions personnelles sur le bienfondé de l’amour. Sans les tracas qui vont avec, sans les doutes et inquiétudes effleurant notre âme chaque soir, est-ce qu’être spectateur d’une relation amoureuse à du sens ? Si celle-ci en plus se cantonne à dépeindre un quotidien quasi monotone sans égarement et plaisir charnel, vaut-elle le détour ? Je dirai exceptionnellement oui. L’objet n’est pas d’instaurer un drama et des péripéties amoureuses. Les deux s’aiment et aucun questionnement n’a besoin d’être fait dessus. C’est une évidence voire même une vérité. Est-ce si étrange ?

Il est évident que leur début de relation s’apparente à celle de collégiens/lycéens découvrant pour la première fois l’amour et la vie de couple. Les personnages se retrouvent souvent dans des situations gênantes ou optimales afin de faire avancer leur relation intime ou conclure une étape. La plupart du temps, retour à la case départ mais parfois on note de légères avancées. Le rythme et l’intrigue sont ainsi maitrisés. A la limite entre la frustration et l’agacement, l’anime arrive à faire avancer pas-à-pas leur attendrissante vie de couple. Sur ce point l’auteur de Hayate, Kenjiro Hata, sans avoir une plume délectable avance correctement ses pions. Et de fait on ne peut que se réjouir quand au dernier épisode où Nasa peut enfin admirer les courbes et la silhouette nue de Tsukasa de dos ou bien lui baiser le cou le soir venu. A mon sens quelques épisodes étaient un peu en dessous des autres et s’éloignaient du propos de base, induisant plusieurs décrochages, comme l’épisode 11 où on peut occasionnellement perdre de l’intérêt. Au final cette relation s’évertue d’avancer doucement sans brusquer sans public en gardant cette patte mignonne.

Le tableau entre ces deux tourtereaux est dépeint avec une rondeur et pureté qui donnent directement une âme à ce dernier. On retrouve toujours les réactions du personnage masculin clichées découvrant l’amour et le fait de vivre à deux, néanmoins l’anime force sur ce trait pour emmener l’œuvre encore plus loin et en faire un tremplin à son propos : leur amour respectif.

Délicatement comique et divertissante, l’œuvre est propulsée par l’expressif Nasa et par Tsukasa. Elle casse en effet les clichés féminins du genre sans pour autant perdre en charme. Pour sortir des voix cucul pralines, le choix est porté sur Akari Kitou, figure montante des nouvelles romances depuis quelques saisons. Après Hanako-Kun (Nene), In/spectre (Kotoko), elle compte faire chavirer le cœur de nombreux hommes et femmes grâce à son rôle dans Tonikaku Kawaii et de Sakura dans Adachi to Shimamura.

Je vais aborder un point qui m’a un peu dérangé. Au travers de Tsukasa, j’ai l’impression de découvrir le tableau même de la femme idéale à la maison aux petits soins de son homme, docile, avec une personnalité avancée et du charactère, mais restant sa propriété. Elle manque de caractérisation et d’approfondissement sur ses raisons. Je n’irai pas jusqu’à dire que la relation est unilatérale mais elle a quelque chose de pas naturelle. Il est difficile pour moi de mettre des mots mais ce ressenti ne m’a pas quitté durant tout l’anime. Cette relation s’apparente un peu trop à un fantasme et non à une réalité palpable. L’œuvre ne se veut pas réaliste mais de mon côté, intuitivement je la rattache à mes expériences et la vision que nous a construite la société du couple de plus en plus féministe, bien loin de cette utopie d’un autre temps qui ferait grincer pas mal de gens. 

Après Arte, Seven Arcs s’attaque maintenant à une nouvelle romance et donne un cadre épuré et simple avec un trait plus propice au vu de son œuvre. Sur Arte, je trouvais ce trait pas assez soigné et éblouissant pour une telle œuvre, ici la vision est plus en adéquation. Pour autant Seven Arcs et le staff à ses côtés ont encore du mal à être solide de bout en bout avec certains épisodes, comme par exemple l’épisode 11 avec une évidente baisse de qualité et précision dans les dessins. Force est de constater que le travail tout du long reste des plus rudimentaires et non constant pour une œuvre de prime abord simple à adapter. 

Conclusion : Un éternel amour des plus mignons

Note :
7.5/10
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A l’exception des romantiques en quête d’états d’âmes, de drama ou tout simplement de développement qui passeront leur chemin à raison à la recherche de leur dulcinée ailleurs, Tonikaku Kawaii est unique. Les adeptes de tranche de vie y trouveront un show des plus agréables, saupoudré tout au long de romance. C’est une douceur en bouche qui ne s’évanouit pas au bout de quelques épisodes mais reste bien tout du long. Elle arrive en plus à susciter de l’intérêt en dévoilant sa plus grande progression dans son dernier épisode. Le public espiègle compte bien suivre cette relation de près, même dans les moments les plus intimes. Un OAV est prévu, est-ce que les deux tourtereaux auront une autre annonce à nous faire à la fin de celui-ci ? Le mystère est de mise.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Crunchyroll

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