Avis Couplé – Princess Connect

Petit aparté de début d’article afin d’énoncer qu’Antony et moi réalisons pour la première fois un avis synthétisant le point de vue de deux personnes. Nous espérons que ce format dual tout en un vous plaira car nous comptons en faire occasionnellement pour les prochaines saisons et pourquoi pas avec d’autres intervenants.

C’est toujours à la fois une grande joie et tristesse d’assister à la fin d’une saison. On peut enfin profiter du tant attendu final d’un de ses animes mais cela s’accompagne bien d’une certaine mélancolie. Princess Connect Re: Dive ou Priconne, comme ce dernier est appelé dans sa fanbase est un anime me faisant cet effet.

Dans le beau pays d’Astraea, le jeune Yûki se réveille sans avoir aucun souvenir de son passé. Il rencontre toutefois Kokkoro (une guide ayant juré de prendre soin de lui), Pecorine (une charmante épéiste ayant toujours un petit creux) et enfin Karyl (une sorcière aux oreilles de chat au caractère épineux). Se laissant porter par leur destin, tous les quatre se rassemblent pour former la Guilde des Gourmets. 

Priconne est une adaptation de gacha (jeu incorporant une mécanique de machine à sous pour divers items) faite par le studio CygamesPictures. Cette adaptation a fait parler d’elle dès le premier épisode et pour une raison bien évidente, dès que l’on regarde ce dernier. Le réalisateur derrière l’anime est Kanasaki Takaomi, bien connu pour son travail derrière KonoSuba.

C’est d’ailleurs après avoir observé les retours du premier épisode que j’ai décidé de me lancer dans cette série animée. Celle-ci méritait largement les éloges qui lui furent faites. Dès le premier épisode, l’anime séduit de par son jeu comique. Je connais le réalisateur de par son travail sur KonoSuba mais aussi Is this a Zombie?. Priconne possède diverses similarités comiques par rapport à ces deux titres, en particulier les entractes faites entre les différents gags mais aussi un rythme et une répartie accentuant l’archétype de chaque personnage. Bien que ce dit archétype soit accentué, ces derniers parviennent facilement à aller au-delà de leur rôle premier et à nous enticher de leur présence.

A l’opposé des deux titres précédemment cités, nous retrouvons là une comédie innocente et conviviale. La direction artistique de l’anime donne directement les couleurs en décrivant cette atmosphère. En effet, les dessins sont mignons et l’anime se place la grande majorité du temps dans un cadre extérieur respirant le bien-vivre tandis que les scènes d’intérieur sont accompagnées d’un ton chaleureux. Il est donc facile de s’enticher du décor de leur ville. Les personnages poursuivent cette volonté de viser du mignon vu qu’ils présentent tous un aspect moe, tant par la forme ronde accrue du visage que par leurs mimiques. Les teintes quant à elles sont en grande partie froides et permettent donc d’exprimer encore plus ce caractère relaxant. Ce n’était pas évident à déduire avant son début, mais Priconne s’est finalement affirmé comme l’iyashikei de la saison.

Rajoutons que Priconne possède l’un des meilleurs prologues de la saison. Ce dernier pose le cadre de l’oeuvre, crée instinctivement un attachement envers la majorité du casting et comporte un nombre conséquent de gags percutants. Si son aura à la Konosuba permettait d’attendre beaucoup de lui avec son premier épisode, sa dimension plus aérée et douce lui donnait une signature pour se distinguer et ne pas être une pâle copie de son prédécesseur. Plus qu’à visée comique, l’anime se destinait effectivement avant-tout à être apaisant et accueillant.

Priconne

Si les personnages sont simplistes au premier abord, le comique sur leurs traits les rend facilement encore plus agréables. L’évolution de leur dynamique de groupe est elle aussi un point attirant et plait de par sa spontanéité nous donnant un groupe de personnages réussissant à se compléter et à donner lieu à des situations drôles qui restent franches et candides.

Il est intéressant de retrouver ce réalisateur dans un contexte si distinct (dans la visée, et non le cadre), de ses autres œuvres comiques. Ici, pas de blagues ou gags salaces, comme on y est habitué. Le rendu est à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre. Les gags sont délivrés avec panache. Les mimiques des personnages pouvant se rapprocher de smiley, rajoutent une touche comique plus qu’appréciable sur le long terme. L’anime a un aspect moqueur et se plaît à user de situations dérisoires mais se garde complètement de porter un quelconque jugement ou d’utiliser ces situations comme tremplin comique. Les situations en elles-mêmes se suffisent, et aucun ajout, tel des brimades sur les personnages n’est fait. C’est par ce principal axe que Priconne dévie complètement de ses prédécesseurs et se forge sa propre identité en tant que comédie.

En effet, même dans son humour, cette camaraderie se retrouve. La réutilisation des mêmes comiques donne un cachet très sympathique. On apprécie les retrouver.

Néanmoins, passé le cap du prologue, l’anime m’a un peu déçu sur son comique. Sans rechercher une absurdité hilarante, on pouvait attendre plus de cet aspect. L’éclat comique du premier épisode, à quelques exceptions près, ne fut plus jamais retrouvé. Avec Kanasaki Takaomi en chef de file, j’escomptais un niveau de comique à la hauteur du premier épisode, humour qui n’aurait en rien déprécié la marque singulière de Priconne.

Outre ce ressenti à la visualisation, l’animation est un régal. J’ai eu beau insister sur le fait qu’il s’agit d’un anime relaxant, Priconne contient malgré tout son lot de combats et d’aventures. Ces derniers sont toujours un plaisir à voir. Une attention particulière est portée au mouvement, bien que ça n’entre pas dans une technique aussi précise et descriptive qu’une production Ufotable par exemple. Des effets intelligents sont placés et la sensation d’impact à chaque coup est réalisée de la meilleure manière qui soit. Ce serait une grave erreur de penser que cet anime ne paierait pas de mine. Il fut l’un des rares animes à avoir continué sa diffusion, le tout avec la même qualité nette du début. C’est une production qui ne laisse clairement pas de marbre et se fait un malin plaisir d’aller dans une simple exposition de sakugas, tous plus charmants les uns que les autres, et mettant par la même occasion en valeur la direction artistique.

A tort de se répéter : avec une générosité dans les couleurs, une utilisation méticuleuse de la lumière, une bonne animation et beaucoup d’effets spéciaux, l’anime tire son épingle du jeu là où ne l’attendait pas forcément. Malgré une légère baisse de qualité sur quelques épisodes situés au 2/3 de l’oeuvre, le studio CygamesPictures signe sa première longue oeuvre et que dire excepté que c’est un franc succès. On souhaite de très belles choses à ce studio et on peut partir confiant pour ses prochaines productions occasionnelles qui n’auront pas à pâtir de la crise sanitaire comparé à Priconne. 

Priconne

Autre point que je me dois de mentionner : il s’agit de l’expressivité des personnages. Celle-ci se fait visuellement par de simples gestes récurrents (tels qu’un pouce en l’air) que par de simples phrases fétiches (Yabai desu ne). Passer par ces moyens réussit à ajouter une couche d’affection pour les personnages de par la familiarité que dégage ces procédés.

De plus, l’aspect naïf de l’œuvre n’en est qu’intensifiée, ce qui ne peut être qu’un plus, dans le cadre présent.

Du côté de l’histoire, c’est beaucoup plus simple et linéaire. Comme mentionné plus haut, il s’agit d’une adaptation de gacha. En ce sens, il ne fallait bien entendu pas s’attendre à trop. Pour autant, j’ai trouvé que c’était relativement correct et intrigant. L’anime nous donne dès le début les grands axes de l’histoire et nous nous doutons que les drames dans lequel sont empêtrés chaque membre du groupe principal de personnage prendront de l’ampleur tôt ou tard. C’est plaisant à suivre de par l’attachement que l’on a aux personnages même si malheureusement, en comparaison à la forme, c’est en-deçà de ce que l’on aurait aimé avoir.

En tant que fantasy, c’est dans un cadre simpliste, qui ne cherche pas à aller au-delà. Mais, le visionnage reste plaisant et réussit même à proposer un personnage tiraillé entre deux groupes et ne pouvant se sortir de cette situation le mettant mal à l’aise. C’est de mon point de vue le personnage le mieux écrit et traité. Ainsi, malgré ce caractère décevant de l’anime, les personnages réussissent à être un tant soit peu mis en valeur et bien que l’histoire reste classique et banale, le charme indubitable de l’anime est à mon sens, suffisant pour valider et excuser cela.

L’anime décide de privilégier ce cocon restreint très mignon et d’intégrer divers personnages du gatcha de manière très brève, afin de nous pousser à jouer au jeu ensuite. Si on peut reprocher un manque de background et d’originalité pour cette petite troupe comme mentionné par Antony, je confirme également que le tout reste très simple et léger dans la droite ligne de l’esprit de l’anime et on apprécie cette volonté affirmée. 

L’histoire reste un bon divertissement mais n’apporte pas les résultats escomptés. Malgré tout, les drames principaux et la situation ayant mené à l’invocation du personnage dans ce monde restent intrigants et réussissent à présenter un intérêt.

En définitive, il s’agit d’une production fortement appréciable sur la forme mais qui manque fortement du côté de son fond. Malgré tout, j’ai trouvé que les deux se complétaient plutôt bien et la forme réussissait amplement à pallier sur le fond incomplet. Néanmoins, il m’apparaît évident que ce serait encore meilleur si l’anime s’était simplement centré et contenté d’être une simple aventure, plutôt que d’ajouter ce scénario faible par rapport au reste et laissant facilement de marbre.

Conclusion : Une œuvre comique charmante et très yabai.

Antony :
8/10
Moja :
7/10
0

Ne payant pas de mine au premier abord, Priconne peut facilement devenir un coup de coeur. Bien qu’il ne soit pas exempt de défauts, il devrait ravir les amateurs d’iyashikei mais aussi de sakugas. Les fans de fantasy quant à eux pourraient y trouver une histoire ayant des idées intéressantes même si elle ne pousse pas assez loin dans son exposition. On ne peut que le conseiller à toute personne ayant aimé KonoSuba et recherchant en plus une certaine douceur dans son propos.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Crunchyroll

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