Avis – Born to be on Air

A côté des productions originales qui sont un cas particulier, j’ai toujours estimé que par nature certaines œuvres méritaient plus le coup d’être vu en anime plutôt qu’être lu en manga. Et j’irai même plus loin en disant qu’elles ont indéniablement plus d’attrait et d’intérêt. C’est l’hypothèse des animes où les performances musicales et vocales sont indissociables de l’œuvre. Born to be on air rejoint ce groupe singulier grâce à sa thématique que je n’avais encore jamais expérimenté en anime : la radio.

Minare Koda, une jeune serveuse originaire de Sapporo, fait la rencontre dans un bar de Kanetsugu Matou, le directeur d’une station de radio locale. S’ensuit alors une conversation explosive sur les peines de cœur. Le lendemain, alors qu’elle est au travail, Minare entend ses diatribes de la veille à la radio ! Matou avait secrètement enregistré les complaintes de Minare et les a diffusées sur les ondes. Cette dernière se retrouve alors à présenter ses plus plates excuses en direct ! Ce moment de radio fait un carton et rapidement, on lui propose de présenter sa propre émission ! C’est ainsi que débute l’histoire de cette présentatrice en herbe !

Après avoir marqué 2019 grâce à son œuvre la plus connue, L’habitant de l’infini, Samura Hiroaki revient sur le devant de la scène avec sa seconde œuvre majeure : Born to be on Air !

Born to be on air présente l’histoire de Minare Koda, femme explosive et bruyante à la verbe incisive qui se retrouve malgré elle à la tête d’une émission de radio après avoir déballée sa vie à un producteur de radio. Même si le premier épisode nous plonge d’une façon audacieuse dans ce milieu, il faut savoir que les séquences de libre antenne ne seront pas courantes mais davantage ponctuelles. L’anime approche le monde de la radio d’une façon peu orthodoxe. Le public est plongé directement dans ce milieu sans pour autant qu’on lui explique de manière méthodique et descriptive chacun des éléments. C’est beaucoup plus naturel, en suivant le courant et au fur et à mesure des émissions, le spectateur au travers de Minare en apprendra davantage.

Born to be on air Episode 01 - Copie

Autant dire tout de suite qu’on est bien loin des émissions de radio plan-plan françaises, l’anime présente une nocturne atypique où Minare décrit de manière rôle play des situations déjantées surnaturelles, en les entremêlant bien souvent avec ses histoires de cœur. Si déjà le concept est intrigant, c’est sans compter sur le fait que l’anime crée cette situation imaginaire à l’écran et la rend plus vraie que nature.

Concept extravagant dit forcément présentatrice barjo. Aucun détour ni parole mielleuse ici, Minare rentre parfois dans le mur avec grossièreté, sans réserve et n’hésite pas à aller contre-sens. Ce franc-parler puis cet inconnu sont particulièrement appréciables et rendent l’anime burlesque.

Avec une telle émission, je regrette même de ne pas comprendre totalement le japonais. Car j’aimerai fermer les yeux et imaginer la situation. La performance de la seiyuu Riho Sugiyama est en plus incroyable (et plus globalement celles de tous les seiyuu)

Si les émissions de radio sont intrigantes, il faut parfois s’accrocher afin de ne pas être perdu sous ce torrent de mot déversés. Sur ces phases parfois un peu élongées, Minare crée un rythme intense et monotone en même temps. Cette proposition unique sera accueillie différemment selon notre tolérance.

Wave Listen to Me anime Koda

L’anime à quelques reprises sur les phases de radio s’étouffe un peu lui-même en ce qu’il enchaîne directement sur la suite, ne laissant pas de temps au public parfois de savourer posément le comique ou les histoires présentées. Pour autant, l’œuvre essaye toujours d’instaurer des temps un peu plus calmes.

Au-delà de la radio, l’anime développe tout un tas d’intrigues et d’histoires annexes. L’aspect déjanté et burlesque ne disparaît pas totalement et l’anime conserve un ton mature pour dépeindre diverses situations comme la vie du restaurant ou les histoires amoureuses de certains personnages… Ces phases tranches de vie sont bien écrites et absolument tous les personnages sont uniques dans leur conception et développement. Leur caractère et personnalité sont mémorables.

Niveau technique, le studio Sunrise laisse tomber les gros robots et délivre un produit de bonne facture. L’animation connait plusieurs bonds sur les moments clés de l’anime notamment sur les émissions de radio. Les mises en scène sont à plusieurs reprises singulières et permettent au script de prendre une toute autre allure.

Conclusion :

Note :
7.5/10
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Après toutes ces éloges et remarques, la note globale, qu’en principe je ne commente pas plus que cela, semble un peu dissonante. Difficile de mettre les mots sur le problème mais je n’ai pas réussi à m’investir autant dans cet anime qu’avec d’autres. J’ai eu un problème de détachement avec l’œuvre sur certains épisodes en milieu d'anime et le ressenti d’une certaine monotonie dans son développement aussi bien sur certaines phases de radio qu’en dehors. Néanmoins, je recommande fortement cette œuvre qui tranche énormément en termes de ressenti. Tandis que certains animes perdent peu à peu en intérêt au fil des épisodes, Nami yo Kiitekure s'inscrit dans un vent ascendant et gagne en attrait dans les derniers épisodes. Si l'anime ne s'arrêtait pas ainsi, je pense que mon ressenti aurait été encore bien meilleur. Avec ses personnages de caractère, son humour déjanté, son registre mature et cette originalité dans son thème, l’anime restera pour sûr sans égal.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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