Avis – Lapis Re:LiGHTs

Endosser le rôle d’étendard du genre musical à lui tout seul cette saison d’été tout en étant forcément comparé à d’autres animes ayant marqué le genre tels que les Love Live ! ou The iDOLM@STER fait peser sur les épaules de nos jeunes filles un poids paraissant déjà non négligeable. En plus de cela, Lapis Re:Lights est la toute première production télévisée standard du récent studio Yokohama Animation Lab. Force est donc d’appréhender les premiers épisodes de cet anime avec une certaine réserve.

L’histoire se déroule à Mamkestell, une ville alimentée par des pyroxènes faits de pyrosable. Grâce à ces pyroxènes et au pyrosable, des jeunes filles surnommées « sorcières », peuvent utiliser la magie grâce à des sorts et des mélodies. Elles organisent des concerts et éliminent des bêtes de magie, faisant ainsi l’admiration des foules. La sorcière de l’aube a créé une académie pour les apprenties-sorcières, l’académie pour filles Flora. Tiara, une jeune fille aspirant à devenir une sorcière accomplie, vient frapper à la porte de cette académie.

L’histoire prend pour attache une jeune fille dénommée Tiara s’inscrivant à l’académie pour filles Flora afin de devenir une sorcière accomplie et de pouvoir réaliser des « orchestras », formes de prestations musicales sur scène. Elle va intégrer une équipe proche d’être virée de l’académie.

En raison d’une saison marquée par les stigmates de la crise sanitaire, même si bien moins que printemps, une partie de la communauté a élargi légèrement son champ habituel de visionnage pour découvrir de nouvelles œuvres et genres. Quelques-uns ont ainsi pu découvrir cet anime qui d’ordinaire ne les aurait probablement pas intéressé.

Tout d’abord, il ne faut pas se méprendre sur Lapis Re:Lights. Cet anime est bien loin des animes d’idols contemporains tels qu’on les connait. L’aspect tranche de vie school dans un monde de fantaisie est la dimension la plus forte de cette œuvre.

Lapis relights anime

Rien que les premiers épisodes nous dressent un panorama balancé par le rythme des cours, des tensions entre groupes d’étudiantes et des sorties extrascolaires. L’approche de Lapis Re:Lights est intéressante et fonctionne bien en ce qu’elle présente l’aspect magique scolaire de l’univers simplement et avec immersion.

Le cursus académique ainsi que les cours, sans être trop approfondis, sont suffisamment présents et en appui de l’intrigue, au moins durant les deux premiers tiers de l’anime, pour donner une note divertissante et curieuse à cet anime. Lapis Re:Lights rappelle d’ailleurs Harry Potter avec son académie magique axée sur un système de points gagnés au cours de l’année et d’évaluations périodiques. Je ne mentirai pas en énonçant que la rencontre entre l’aspect magique et le scolaire m’a beaucoup plus.

Afin de mener ce parcours académique de la plus belle façon, l’œuvre propose une cocktail des plus fruité et sucré. Le groupe central est composé de Tiara ainsi que de 4 filles expressives et enjouées : Rosetta, Lavie, Ashley et Lynette. Certes on retrouve des traits de caractère très connus mais le choix de leur personnalité ainsi que de leurs interactions fonctionne bien pour ne pas s’ennuyer et sourire à de nombreuses reprises.

Ces cinq jeunes étudiantes sont accompagnées d’une bonne dizaines de filles là encore très vivantes. Si quelques tensions sont perceptibles dès les premiers épisodes, très vite tout ce petit monde apparait comme attachant. L’anime est onctueux et léger. Il n’exacerbe pas trop les clichés mais ne conceptualise pas non plus des personnages trop développés et singuliers pour conserver un charme et une aura joviale tout du long.

La trame est relativement classique et peu surprenante : développant dans les deux premiers tiers l’académie et les personnages, puis dans un second temps Tiara et les problèmes du Royaume pour aboutir à un final où toutes nos jeunes demoiselles font front commun. Si l’épisode final est réussi, je reconnais qu’au moment où l’anime a commencé à s’intéresser davantage à Tiara et au péril des bêtes magiques, j’ai perdu un peu d’entrain, probablement à cause de mon affection particulière pour le genre school/fantasy. L’introspection de fin de Tiara et les événements des derniers épisodes ne sont pas mauvais mais j’ai eu l’impression de perdre les quelques singularités de l’anime. 

Les cours et la magie sont tout de même bien souvent atypiques. L’épisode de la balle au prisonnier mais encore l’excellent jeu de société dans l’épisode 5 témoignent qu’une évidente réflexion a été menée pour ne pas proposer une œuvre juste ordinaire mais avec un univers propre. Ou encore l’épisode 6 au ton horrifique et à la réalisation préparée avec soin toute en restant drôle m’a particulièrement marqué.

Les moments les plus attendus de l’anime restent tout de même les « orchestras ». Leur rareté et brièveté rendent ces événements encore plus précieux. Chaque groupe au cours de l’anime présentera son spectacle musical de 3-4 minutes environ, soit 6 orchestras + le final. L’orchestra est joliment poli avec des modèles 3D très décents, de délicieuses chansons ainsi que de brillantes chorégraphies et mises en scènes uniques. J’aime particulièrement le chara-design des personnages, notamment leur chevelure, ainsi que leur tenues durant les prestations sur scène.

Comme énoncé précédemment, Yokohama Animation Lab est le studio principal en charge de l’anime. Ce tout jeune studio s’est fait une petite notoriété (je ne sais pas si c’est la plus préférable) grâce à l’anime au format court Miru Tights, anime fétichiste sur les collants. A la tête de cette production s’avance une personnalité pas forcément connue : Hiroyuki Hata. La plupart de ses travaux ne sont pas vraiment mémorables mais il aura réussi à concevoir la troisième saison de Yuru Yuri avec une approche très personnelle qui aura divisée la communauté, certains la considérant comme la moins bonne, d’autres comme un des meilleurs animes du genre.

Sélectionner un jeu comme matériel de base pour réaliser sa première grosse production est un pari intéressant. Lapis Relights existe aussi en tant que Web manga mais n’a rien de vrai attrayant. Le manga est trop succinct et rempli de fan service tout comme le jeu au tour par tour où l’on incarne un sensei guidant les Lights. Après s’être penché sur les deux matériels pré existants, je reconnais sans soucis que l’anime tire en partie le meilleur de l’œuvre pour créer une production unique distincte du jeu et du manga, en délaissant de côté le côté inutile du fan service.

En outre, l’esthétique visuelle de l’anime et l’animation sont bonnes. On peut supposer que la production a eu un planning réfléchi qui n’a pas été trop impacté par la crise sanitaire. L’anime s’autorise même quelques éclats bienvenus comme l’épisode 05 avec une excellente animation sur certaines scènes et un ravissant compositing.

Conclusion : Une Lazurite aux Lights affectueuses et rayonnantes

Note :
7/10
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Quand bien même j’aurai ressenti de petites baisses de rythme ou d’intérêt sur certains séquences, Lapis Re:lights est une expérience chaleureuse menée par un casting de jeunes filles pétillantes et attentionnées. Sans rentrer dans une notion de « réussie » ou « fidèle », cette adaptation opte pour une route distincte du web manga et du RPG Raising sims, tirant ainsi son épingle du jeu pour proposer une histoire plaisante à suivre. Pour son premier travail télévisé standard, l’équipe réalise un très joli travail accompagnée d’égayantes performances musicales.

La signature propre de Lapis Re:Lights semble trop faible pour illuminer éternellement la scène animée mais cette œuvre aura réussi sans prétention et avec une volonté assumée de présenter un spectacle sans déboire pour profiter de quelques lumières éphémères en ces longues nuits d’été.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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