Avis – Gleipnir

Image mise en avant d’ARind (Pixiv)

Parmi les nombreuses œuvres destinées à un public masculin adolescent, beaucoup savent mettre leurs attributs en avant afin d’attirer ces jeunes personnes en quête d’identité et de sensations fortes. En faisant cela, beaucoup oublient le reste et se perdent dans un genre dont elles ne font qu’entacher l’image en l’abreuvant d’éléments malplaisants et décourageants.

L’auteur de Gleipnir a conscience de cela et emploie ces éléments forts, sans pour autant que cela desserve trop son propos. Sans faire faux bond au public visé, l’anime conserve une authenticité et ne dérive pas en chemin.

Shûichi Kagaya est un jeune garçon qui possède le pénible pouvoir de se transformer en mascotte. Un jour, il fait la rencontre d’une mystérieuse fille, Claire, qui semble être attirée par son pouvoir. Depuis, le quotidien de Shûichi se retrouve rythmé par d’étranges incidents… Jusqu’au jour où il se fait attaquer par un monstre possédant le même pouvoir de transformation ! Impliqués malgré eux dans un affrontement entre monstres, les deux lycéens s’unissent pour ne faire qu’un et prendre leur destin en main !

Gleipnir possède une histoire intrigante et prenante. S’ouvrant avec un prologue mystérieux qui capte d’entrée notre intérêt, le public reste tout autant happé même au bout de douze épisodes. Des vérités sur ce monde fantastique sont apprises, des capacités latentes entrouvertes, des éléments du passé dévoilés (…) et pourtant tout cela n’est pas suffisant afin de comprendre l’ensemble des personnages et l’univers. Des clés sont données mais toujours ponctuellement et avec mesure dans le but de conserver une grande part de secret. Je ne peux cacher mon plaisir pour une telle œuvre. C’est mystérieux mais ça n’en reste pas moins lisible. L’histoire ne part pas dans une bouillie visqueuse brassant large où ne s’y retrouve plus.  

Ce monde dissimule des personnes qui peuvent se transformer en monstre, gratifiant le public d’une dose de surnaturelle particulièrement plaisante. J’aime beaucoup cette décision de s’orienter davantage sur un traitement des personnages plutôt qu’empiéter sur les plates-bandes de la société et d’autres considérations d’ordre général qui parfois donnent des développements aberrants quand les deux s’entremêlent. L’histoire évolue essentiellement dans des lieux isolés pour simplifier son avancée et se concentrer sur les éléments importants. Ce n’est pas plus mal.

Gleipnir Episode 01

C’est bien rythmé, certains twists sont impossibles à voir venir. Beaucoup de visions s’entrechoquent et donnent lieu à des combats divertissants. Car oui, Pine Jam réussit à me donner tort. C’est probablement la meilleure production du studio à ce jour. Elle reste relativement régulière et conserve une certaine qualité. Un anime d’action avec des animations travaillées et un véritable dynamisme dans les combats fait plaisir.

Gleipnir est en quelque sorte cet anime que certains classeront comme malsain avec son penchant trop forcé pour les plaisirs érotiques et s’arrêteront ici. Entre moultes plan de caméra, allusions sexuelles, fantasme lesbien et autres éléments, l’anime est loin d’être catholique. On ne peut contredire le fait que ces éléments sont là, parfois un peu trop présents dans certains épisodes, et faisant l’objet d’un soin trop forcé.

Là où il ne faut pas tomber dans l’erreur de jugement, c’est que leur intégration et seule présence n’est pas reprochable et encore moins dissonantes aux vues de l’œuvre et de son casting. Il ne faut pas s’enfermer dans l’excès contraire.

Gleipnir Claire anime

Gleipnir développe avec dextérité la relation entre Shûichi et Claire. Tous deux sont dans cet âge où l’envie et le besoin de l’autre prend une autre dimension et il est compréhensible d’avoir par exemple un sous-entendu au détour d’une discussion par jalousie ou bien un personnage principal qui se rince l’œil avec culpabilité.

Il faut arrêter d’attaquer un anime sur des points entièrement naturels, d’autant plus justifiés par une opposition de caractère et comportement entre la sulfureuse et impétueuse Claire et le réservé Shûichi. Si avec le premier épisode, je trouvais cette relation quelque peu biaisée et avec plusieurs facilités scénaristiques, très vite une forme de dépendance et intérêt pour l’autre se crée. L’auteur fait évoluer son intrigue dans cette zone équivoque entre partenaire et couple. Il titille sciemment le public, envieux de connaitre l’évolution de leur relation.

Impossible de nier le fait que certains personnages sont moins travaillés que d’autres et ne sont pas particulièrement recherchés. Leur comportement peut parfois sembler étrange. Pour autant certains personnages se démarquent et gardent quelques jolies surprises. Le monstre n’est pas forcément celui qu’on pense. Certains antagonistes gardent une morale et un raisonnement qui se tient. Claire reste imprévisible, elle est capable du meilleur comme du pire. Son influence sur Shûichi se ressent particulièrement vers la fin de l’anime. Difficile après de s’avancer plus sur l’histoire et certains personnages, vu que la série animée ne boucle pas l’intrigue et que le manga se poursuit.

Enfin, il faut préciser que même si l’œuvre censure un peu le support d’origine et fait plus dans la dentelle, l’adaptation reste très satisfaisante.

Conclusion :

Note :
7.5/10
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Mon opinion semble refléter cette fois-ci une part minoritaire des retours sur l’anime, et pourtant je considère cet anime comme un très bon divertissant. Les animes de mystère au-delà du genre science-fiction ou policier sont assez rares et je trouve que Gleipnir, malgré quelques points en-deçà, arrive à m’enjailler sur plusieurs éléments de son histoire et sur une partie de son casting tout en conservant une production de bonne facture.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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