Avis – Hataage! Kemono Michi

La catégorie florissante des Isekai ne cesse de s’enrichir. Entre surabondance, abus et clichés, certaines productions tentent tout de même de se démarquer sur le ring grâce à une dose d’originalité et de bonnes intentions.

Le « bulldog » -zer de bêtes

Shibata Genzô, catcheur professionnel et passionné d’animaux, se retrouve transporté dans un autre monde où l’accueille une princesse qui lui demande de la débarrasser des bêtes démoniaques qui rôdent dans son monde. Outré par cette requête, lui qui se refuse à tuer des êtres vivants, retourne la belle à l’aide d’une prise de catch et décide de mener une vie paisible en ouvrant une animalerie de monstres (cf. Wakanim).

Déroutant et extravagant, l’anime part dans une direction inconnue. Hataage Kemono Michi prend le contre-pied des Isekai et fantaisies classiques et s’en moquent ouvertement dès le début. Le comique de l’œuvre est principalement focalisé sur Genzô, personnage unique en son genre.

Gaga des animaux et cassant tous les clichés du genre, les premiers épisodes sont une bouffée d’air frais. Le début reste classique en introduisant l’univers, les personnages et les prémices de l’animalerie, mais l’humour est percutant et porte l’anime. Les diverses prises de catch et l’excentricité des personnages amusent le public.

L’envie d’en découvrir davantage et de savoir où Hataage Kemono Michi compte aller capte l’attention.

L’anime combine efficacement les séquences nerveuses et les moments de calme pour instaurer un rythme prenant et profitable. Le spectacle fonctionne et ce… jusqu’à un certain point.

Le « cobra Twist » malvenu

Le manque de vigueur fait défaut et l’anime s’essouffle rapidement. L’histoire est peu étoffée et avance lentement avec des épisodes parfois légèrement sans intérêt. Le casting se renouvelle trop peu sans être approfondi. Tout le monde apparaît comme sympathique et au final, l’anime perd en tension et intensité. Le public comprend assez vite les mécanismes sous-jacents et le cheminement de l’histoire.

Les traits singuliers de chaque personnage, appréciables au début, deviennent assez vite lassants voire énervants. Les mêmes gags sont utilisés à outrance (exemple la « prinfesse » et les bandits). Certains fonctionnent toujours dans un moindre degré, d’autres plus vraiment et laissent indifférents.

Pourtant, on s’attendait à mieux connaissant le scénariste derrière cette oeuvre : Natsume Akatsuki (auteur de Konosuba). Cette parodie du genre Isekai reprend pas mal de traits communs à Konosuba, sans pour convaincre pleinement et faire rire autant.

Le concept de l’animalerie à la base très séduisant et atypique, décolle trop peu et n’est pas assez exploité dans le fond.

Une volonté de « Surpassement »

C’est regrettable car on ressent l’envie de se démarquer et de proposer une œuvre plaisante et atypique, là où d’autres Isekai nous ressortent des plats réchauffés insipides. Un exemple parmi d’autres est l’épisode 05 composé de plusieurs séquences sur Mao. Revenir dans le monde réel et prendre le temps de faire un suivi, même rapide, sur ce personnage est une excellente idée. On découvre les suites d’une invocation tout en approfondissant Mao. La relation Mao/Genzo est d’ailleurs intéressante à suivre.

Genzô a cette faculté de créer des liens avec tout le monde et de rapprocher les humains et monstres. L’anime veut dresser un portrait positif de cette vie en commun et arrive à le faire. La chose est réjouissante. On aurait même voulu un peu plus de méditation sur la chose.

Le nouveau studio Engi propose d’ailleurs pour son premier projet un anime soigné. Dès les premiers épisodes, la communauté se ravissait des diverses scènes d’animation. Les moments de pur catch sont absorbants et bien animés, comme le témoignent les deux derniers épisodes. On aurait même voulu que les séquences soient plus longues.

A titre anecdotique, relevons également l’interprétation de l’immortel Katsuyuki Konishi dans l’opening.

Conclusion : Un spectacle singulier attirant manquant de vigueur

Note :
6.5/10
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Tout comme un catcheur professionnel, un anime se doit de garder le rythme. Bien qu’atypique par ses thématiques et son personnage décalé, Hataage Kemono Michi manque de souffle. L’absence de nouveautés, le manque de développement de certains aspects et la répétition des numéros comiques lassent assez vite. Malgré ses défauts qui l’empêcheront de briller sur la scène, l’anime reste sympathique à regarder avec un début prenant, un humour parodique, plusieurs affrontements captivants et une fin satisfaisante.
Moja
Administrateur

*Bulldog, cobra twist et surpassement sont des prises de catch

Anime disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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