Avis – Cagaster of an Insect Cage

Il est aisé de ressortir cette même introduction à chaque fois : un anime sur Netflix en CGI avec aucune communication autour et un manque de puissance de l’œuvre originale fait que cet anime passe et passera inaperçu. Les monstrueux insectes et le thème post-apo n’arrangent probablement pas les choses. Et pourtant sous cette carapace dure se dissimule une histoire prenante.

Fin du XXIe siècle, une étrange maladie baptisée Cagaster fait son apparition. Un humain sur mille est contaminé par ce mal qui le métamorphose en un monstrueux insecte anthropophage. Les deux tiers de l’humanité sont alors décimés. 30 ans plus tard, en plein milieu du désert, Kidow, exterminateur de génie, sauve la jeune Ilie d’une attaque de cagasters. Malgré les mystères qui entourent cette dernière, il décide de la protéger.

Cagaster of an Insect Cage rejoint le rang des nombreuses œuvres post-apo sombres et matures avec un univers intéressant mais avec une histoire et un déroulé plutôt génériques. La cause de cette mutation ne sera jamais découverte et l’œuvre va davantage expliquer comment l’humanité apprend à vivre avec et résiste à ce fléau.

Cagaster of an Insect Cage art

Cette mutation induit des questionnements éthiques/moraux et problématiques qui seront abordés brièvement tout au long de l’anime sans être trop étouffants. L’œuvre vise un public de + de 16 ans, chose compréhensible vu les thèmes abordés, l’ambiance assez sombre et les diverses morts.

Le public va suivre dans un premier temps le nouveau quotidien d’Ilie et Kidow. La première partie de l’anime s’attachera ainsi à exposer les divers personnages, le passé de Kidow, de développer avec délicatesse et mesure ce binôme et enfin d’apporter les données intéressantes sur l’univers avant de s’enfoncer dans les secrets sombres de cette histoire. La première partie est plus posée avec plusieurs scènes centrées sur la vie quotidienne dans la ville tandis que la seconde partie contient beaucoup plus de séquences d’action ou bien de révélations, rendant ces épisodes plus consistants, intenses et captivants. Cela ne veut pas dire pour autant que le début est ennuyant, loin de là. 

Cagaster of an Insect Cage Kidou Ilie 2

L’univers est accrocheur mais l’anime se focalise sur les deux protagonistes et leur entourage n’abordant ainsi pas des questions essentielles que le spectateur serait en droit de se poser : comment la nourriture est produite/distribuée, pourquoi les insectes n’attaquent pas les villes, de quoi se nourrissent-t-ils excepté des hommes, quelles sont leur durée de vie, comment vit la population dans le ***** etc.

Bien que cette histoire contée sous le prisme de Ilie soit compréhensible vu ses origines et tende à humaniser davantage le récit et le rendre plus concret, l’histoire s’enferme à mon sens un peu trop dans ce seul développement pour pleinement donner au public la sensation de connaitre ce monde et de s’immerger totalement dans cet univers. En prenant le parti pris de s’axer sur les deux protagonistes, à l’image de la fin de l’anime, l’œuvre reste en surface et manque un peu d’approfondissement sur l’univers.

Le duo Kidow/Ilie est d’ailleurs très attendrissant. Dans l’ensemble, le casting est relativement bon afin de passer un agréable moment devant l’anime, mais il ne s’émancipe pas non plus véritablement des standards de ce genre d’œuvre. Leurs décisions, leur façon d’agir et manière de concevoir certaines choses peut donner ce ressenti de déjà-vu. Sans rentrer dans les détails, on peut être également perplexe sur certaines actions des personnages, notamment des antagonistes, dans les cinq derniers épisodes. On ne ressort pas de cette œuvre avec une impression d’avoir découvert de nouvelles personnalités mais seulement de voir une réédition des personnages classiques du genre et des mêmes schémas. Ceci n’empêche pas d’apprécier l’œuvre mais s’oppose à la rendre mémorable.

Pour autant, on affectionne l’histoire d’Ilie et de son entourage qui nous touche. La relation amoureuse entre Kidow et Ilie qui pouvait sembler superficielle au début, dévoile son élégance et sa subtilité par la suite. C’est peut-être un des points qui m’a le plus convaincu : la construction simple et le développement réfléchi de l’ensemble des relations amoureuses/amicales/familiales. L’œuvre s’en tire bien sur ce point, c’est doucement émouvant et touchant, loin d’être niais et parfois plus complexe qu’il n’y parait. La bande-son offre un cadre propice à ces moments touchants ou importants, sans être elle-même véritablement mémorable. C’est plutôt le voice-acting qui marquera avec un casting important composé de grands noms.

Concernant la technique, rien de bien notable sur les paysages et éléments de décor. Simple mais dira-t-on suffisant.

L’animation 3D est globalement décente même si irrégulière par moment. Les personnages apparaîtront un peu rigide par instant alors que sur certaines séquences, le soin apporté à l’animation sera palpable, en particulier les affrontements intenses entre Kidou et Acht, gratifiés de slow motion, chorégraphies et effets spéciaux variés.

Le show reste ainsi appréciable même si le travail sur l’animation 3D n’est pas des plus exceptionnels et reste un peu trop ordinairement simple. 

Il est bon de noter que l’anime alterne à de rares reprises avec des séquences/plans entièrement en 2D. Cette 2D donne un cachet très appréciable à des scènes ou personnages jugés importants. Toutefois cette alternance peut éventuellement déranger. De plus, l’œuvre va encore plus loin en intégrant dans un même plan des personnages 3D et 2D, aboutissant de fait à une sensation étrange insolite. Le compositing est convaincant mais dans son esprit, ce mélange peut incommoder. Toujours dans cette idée, certains personnages modélisés en 3D seront quelques minutes plus tard en 2D (voir images)… Au final, l’anime a un peu le cul entre deux chaises et donne cette impression que par manque de moyens, la 3D a été privilégiée 98% du temps, avec un rajout de quelques éléments 2D pour faire plaisir au public. Par conséquent, la direction n’est pas claire et cela peut donner quelque chose de brouillon dans sa forme. L’utilisation des ombres/lumières est bonne, néanmoins les modèles 3D gênent pour retranscrire l’épuisement, la salissure et les blessures des personnages au fil de l’anime.

Pour terminer, je tiens à mentionner l’ED que j’ai beaucoup aimé et également la chanson de fin de l’épisode 04 très belle et émouvante concluant un épisode à la fin surprenante, seul épisode avec le 12 à avoir un ED différent.

Conclusion : Un Post-Apo intrigant et attendrissant mais manquant d’une signature

Note :
6.5/10
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L’histoire contée est touchante, prenante et le spectateur s’implique suffisamment dedans. Pour autant, en sortant du visionnage, on a cette sensation de voir un classique « trop classique » du genre au travers de ces personnages et également du déroulé des événements, n’apportant pas de véritables nouveautés ou un point de vue différent. La forme est assez ambigüe avec son mélange 2D et 3D et n’est pas vraiment remarquable. Ce post-apo est bon mais ne semble pas assez singulier pour se frayer une place dans nos mémoires. Par conséquent, il est délicat de recommander une telle œuvre. Si l’anime vous intrigue suffisamment et que vous appréciez ce genre d’œuvre, sans être allergique à la 3D, n’hésitez pas à aller voir les premiers épisodes pour vous faire un avis.
Moja
Administrateur
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