Avis – No Guns Life

Alors que l’œuvre futuriste de 2077 va sortir dans quelques mois et bouleverser probablement le panorama vidéoludique, coïncidence ou non, une autre œuvre cyberpunk sort dans cette même période et reviendra, le même mois (en avril), pour une saison 2.

Autant le dire tout de suite et prendre le contre-pied d’un avis classique, cet anime ne m’a pas spécialement emballé. Du début à la fin, je n’ai jamais réussi à m’intéresser aux événements, à plonger dans cet univers et à ressentir quelque chose. J’ai ressenti seulement une forme de détachement et de distance, sans aller véritablement jusqu’à l’ennui. La question de rédiger un avis sur cet anime s’est posée. Je n’étais pas spécialement motivé. Sauf qu’en parlant à plusieurs personnes je me suis rendu compte que si certains avait apprécié l’anime, d’autres comme moi n’avait pas réussi à se lier à cet anime, et ressentait mot pour mot, le même ressenti. Je me suis alors dit : « C’est étrange, il y a quelque chose qui pose problème dans cet anime ». Je ne suis pas un fervent adepte du genre mais je ne le déprécie pas non plus.

Cyberpunk, oui ! Mais encore… ?

Synopsis : Inui Jûzô est un ancien soldat démobilisé suite à une terrible guerre. Sa particularité ? Il a un énorme révolver à la place de la tête, faisant de lui un extend : un homme transformé avec des extensions mécaniques. Sans aucun souvenir de son passé, il se fait de l’argent en enquêtant sur les crimes des bas-fonds de sa ville, jusqu’au jour où un extend poursuivi par la police pour kidnapping le laisse avec l’enfant qu’il a enlevé… en le suppliant de le protéger ! Le hic : tout le monde semble vouloir récupérer ce gamin, et notamment Berühren, une multinationale mystérieuse et toute puissante…

L’univers tout d’abord est plutôt bien conçu sans être trop poussé ni détaillé. L’intrigue se déroule quelques temps après une guerre et va suivre cette problématique de la place des Extends dans la société. L’anime déborde de promesses avec ce monde dystopique où la guerre a conduit le capitalisme à prendre littéralement le contrôle du corps des gens. Allant de la politique, passant par l’ordre public jusqu’à des problèmes de santé, l’anime arrive à brasser un peu tous ces thèmes qui en général captivent le public.

Mais je note à titre personnel, un manque d’originalité et d’approfondissement de No Guns Life parmi le grand nombre d’œuvres Steampunk et Cyberpunk. Les personnages principaux ne connaissent quasi aucun développement et l’anime se focalise sur des problèmes locaux de criminalité et de corruption grâce à diverses affaires déjà vus de nombreuses fois sans apporter une réelle plus-value.

De plus, pour une œuvre abordant des thématiques a priori complexes et avec un point de vue assez mature, on aurait souhaité avoir des personnages méchants plus nuancés et non percés à jour dès leur première apparition.

Où va-t-on ?

Le but doit également être souligné. L’enchainement des événements est relativement clair, le propos de l’œuvre et les questionnements proposés sont assez explicites. Cependant, on ne comprend pas quel est l’objectif final ni le but des personnages si ce n’est de ne pas se faire attraper par Berühren, fumer des clopes et continuer à vivre leur vie tranquille…

De l’autodérision non, mais de l’humour oui. No Guns Life utilise occasionnellement des touches d’humour pour détendre l’atmosphère et rendre un peu plus léger l’univers. Loin de rigoler, cet ajout n’en reste pas moins agréable. Il permet en outre de mieux apprécier les personnages principaux et secondaires.

No Guns Life Juuzo Mary

Je trouve la direction artistique réussie, excepté la bande-son et son emploi qui ne m’ont pas convaincu. Le choix de Madhouse en tant que studio et du staff derrière est cohérent. C’est peut-être le plus à même pour redonner vie à des styles si anciens ou singuliers. L’animation est bonne mais seules 2-3 scènes de combats seront intenses et bien réalisées, les autres assez vite oubliées.

Le problème également avec cet univers est l’absence de sensation de danger et de perte. Dès lors qu’on comprend que Juuzo peut se faire trouer de partout et perdre des membres mais se les faire réparer l’instant d’après, l’anime perd en intensité et en tension. On s’habitue. Il utilise souvent ses mains, pisse le sang, mais ne réagit pas vraiment face à une douleur et fait comme si ce n’était rien. C’est seulement dans une ou deux situations extrêmes que le public s’inquiète pour Juuzo.

Emotion es-tu là ?

Le plus grand raté selon moi est le drame. Tout au long des douze épisodes, les protagonistes vont rencontrer des individus dans des situations graves causées par les vices de la société et de l’Homme. Délicates et poignantes dans l’énoncé, ces situations n’aboutissent en fait à aucune poussée émotionnelle. Nos protagonistes ont un rôle de soutien et s’immisce d’un coup dans cette situation et reparte aussitôt sans prendre le temps bien souvent de faire un suivi de l’affaire. Deux épisodes, c’est bouclé, affaire suivante. Juxtaposé avec les problèmes cités au-dessus, cette brièveté ne permet pas de s’attacher aux personnages ni à leur situation. Plusieurs personnes vont mourir… Dans l’indifférence, la plus totale. Que devient la famille qu’on voit à travers la fenêtre pour ce personnage en particulier. Le scénario s’en fiche, ils peuvent tous crever et vivre dans la misère, rien à foutre… Et c’est globalement pareil pour tous, au mieux on en reparle brièvement dans l’épisode qui suit, au pire on s’en bat les bonbons et on passe ceci sous silence.

Pour schématiser, No Guns Life semble lister pleins d’éléments et d’idées pour au final les sous-utilisés.

No Guns Life Juuzo Tetsurou Mary

Conclusion : Crapoter n’est pas sans risque

Note :
6/10
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No Guns Life est une œuvre au mieux sympathique restant trop en surface qui n’accorde pas assez de crédit à des éléments importants comme le développement de ses personnages, la phase d’imagination des antagonistes, l’utilisation réfléchie des divers thèmes présents ainsi que l’attachement aux personnages et aux affaires. Quand on observe une fumée légèrement odorante et attirante mais avec des émanations suspectes, la réaction naturelle est de ne pas l’embrasser et de rester distant. Le second cour est déjà prévu pour Avril, or étant non-fumeur, je compte bien porter mon regard sur autre chose de plus suave.
Moja
Administrateur

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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