Avis – Oresuki

Alors que les deux RomCom énormément appréciées We Never Learn et High Score Girl reviennent en automne avec une saison 2, un petit nouveau porté par le studio Connect fait son entrée et compte bien faire ses preuves tout en essayant de récolter les ferveurs du public.

Une fragrance envoutante de jasmin

Il pensait les avoir toutes pour lui, mais elles en aiment un autre. Joro est un lycéen attiré par son amie d’enfance Himawari et Cosmos la présidente du BDE. Il s’imaginait que les deux lycéennes étaient amoureuses de lui. Pas de chance, les deux filles ont des sentiments pour son ami Sun et non pour lui. Si cette situation était déjà difficile à vivre, Sanshouin, la fille qu’il déteste le plus, lui déclare ses sentiments, rendant sa situation encore plus pathétique.

Oresuki banc

Joro se rend compte ainsi qu’il n’est pas le personnage principal mais un simple figurant. L’œuvre prend le contre-pied du genre Harem, tout du moins au début, et propose une autre vision du genre. On découvre une face cachée du genre, moins favorable au personnage, plus réaliste et intrigante à creuser. Seule la personne qu’il n’apprécie pas, éprouve des sentiments à son égard.

Mais ce seul résumé ne vaut que pour le premier épisode, la situation change énormément dans les trois épisodes suivants, dégradant parfois encore plus sa situation. Oresuki brille dans ses premiers moments grâce à un scénario qui laisse pantois. C’est bien rodé, correctement rythmé et en plus avec une originalité encore jamais vue auparavant. Le scénario riche en sensations intègre énormément de twists.

Une pensée à l’humour

Oresuki propose un humour rafraîchissant. Le comique de répétition totalement absurde autour du banc est à mourir de rire. Chaque fois qu’un individu se déclare à Joro, la scène a lieu sur ce banc avec un comique saillant.

Oresuki Himawari

Pour le reste, l’humour marche très bien. Les répliques de Joro sont ciselées, ses réactions amusantes. Tout l’humour tourne autour de lui. On relève des graduations de gags structurées se terminant souvent sur une séquence inattendue ou absurde. Entre parodie, personnages aux réactions drôles, d’autres allant toujours plus loin dans leur délire et rôle (…), l’anime emballe et fait rire.

Un joli bouquet de roses

Chaque rose a son épine, aussi belle soit-elle. Marre de cet ami qui se cantonne à chaque fois à deux ou trois rôles… Las de cette fille sans cervelle qui tombe amoureuse du personnage principal mais n’essaye même pas de sortir avec lui. Oresuki ose, et Oresuki emporte l’adhésion.

Le casting se détache vraiment des standards de comédie romantique non dramatique. Les personnages secondaires ne sont pas de simples idiots ou figurants creux comme bien souvent, ils se révèlent rusés et pleins de surprises. Dans les comédies romantiques classiques, les personnages ont des motivations et des envies, par exemple ils sont amoureux de quelqu’un et aimeraient bien sortir avec lui. Or bien souvent, les personnages sont trop passifs. L’intrigue s’étire et au bout d’un moment, l’histoire devient exaspérante à cause de l’inactivité des personnages et leur manque de courage. Le récit laisse miroiter un statu quo où chacun possède les mêmes chances que les autres, et l’intrigue ne se résout qu’à la toute fin. Tout au long, il n’y aura eu aucune évolution.

Ce n’est pas le cas d’Oresuki. Dès les premiers épisodes, l’histoire le prouve. Chaque personnage a son propre développement et participe activement à l’intrigue principale. Les personnages tentent… Et même quand tous restent dans une situation relativement passive, c’est pour guetter une occasion et la saisir, comme l’illustrent les épisodes 11 et 12. Conséquence, certains personnages peuvent apparaître manipulateurs ou calculateurs, un peu froids voire insultants. Mais tout cela est beaucoup plus subtil. L’action des personnages est en accord avec leurs sentiments et conserve une logique qu’on comprend. Oresuki arrive à mettre en avant la complexité des relations amoureuses et amicales, et ce de manière divertissante et compréhensible.

Le premier arc est de ce fait étonnamment excellent grâce à une histoire scotchante et un casting composé de cinq personnages d’une grande qualité.

L’amour au grès des pétales de pâquerette

Ce constat composé uniquement de louanges vaut pour le premier arc et nécessite d’être relativisé et détaillé avec le reste.

Passé ce cap, j’ai trouvé personnellement que l’anime baissait en qualité de manière générale. Les histoires sont bien moins étonnantes que celles du premier arc et les personnages moins intéressants. En effet, l’anime qui avait pris le contrepied de la comédie romantique et avait émancipé en quelque sorte les personnages, fait machine arrière. L’intrigue reprend le chemin classique du genre harem.

Ore wo Suki na no wa Omae Dake ka yo Joro

Sun, Himawari et Cosmos se réenferment dans le moule de personnages stéréotypés propres au genre, gravitant autour du MC. L’ajout de nouveaux personnages rejoignant le cercle privé fait écho à cela. Tout d’un coup, cette touche dépaysante qui nous avait fait rêver pendant quatre épisodes disparait en partie. L’immense enthousiasme autour de l’anime à ses débuts est redescendu.

L’anime reste pour autant de qualité, avec un humour toujours aussi appréciable et des personnages conservant une certaine dose d’originalité. Très discrète, l’intrigue autour de Pansi capte l’attention. Oresuki propose toujours des séquences atypiques parodiant le genre et se moquant de certains clichés. Mais on est inquiet face à ce long tunnel. Imaginer Oresuki s’enfermer pour de bon dans une comédie romantique classique, dont laquelle il se moque ouvertement, et avoir eu un coup de génie seulement au début fait peur.

Heureusement, dans les deux derniers épisodes, l’anime reprend ses airs du début. Cette partie n’est pas au niveau du premier arc mais redonne à l’anime ses couleurs chatoyantes uniques balayant en même temps nos inquiétudes. On ressent d’ailleurs un ton plus sérieux et moins comique. La fin de la saison est en effet très bonne.

Une production belle de nuit

S’épanouissant en fin de journée comme cette fleur aux multiples couleurs, l’anime est relativement agréable à regarder. La direction artistique est égayante. Même s’il a une apparence classique, j’aime beaucoup le chara-design. Peu de choses à relever en termes d’animation. Arrivé à mi-chemin, une légère baisse apparente de qualité de l’anime mais rien de bien gênant.

J’attirerai davantage l’attention sur la réalisation et les expressions faciales. Plusieurs références à des animes, à la littérature et aux fleurs sont éparpillées. Les scènes avec les monologues intérieurs et les réactions de Joro sont originalement dirigées. Les expressions des personnages sont en général recherchées et drôles. Le voice acting de Daiki Yamashita (Midoria) est excellent, probablement l’un de ses meilleurs rôles. Il y a de quoi avec ce personnage très expressif et bon vivant.

Oresuki all girls

Conclusion : Une composition florale avec énormément de charme

Note :
8/10
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Avec un début prodigieux et surprenant, puis avec une bonne fin de saison, l'anime captive d'entrée l'attention et crée une tension pour une éventuelle seconde saison. Malgré une baisse d'intérêt et d'originalité dans les arcs centraux, l'anime conserve son humour parodique et récréatif. Le casting cocasse se démarque grâce à son esprit batailleur et remuant. Cette comédie romantique souhaite se distinguer et on ne peut que l'encourager dans cette voie. Oresuki est à mon sens une des agréables surprises de cette fin d'année.
Moja
Administrateur

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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