Avis – Somali et l’Esprit de la forêt

Quand la fantaisie s’émancipe du style shonen action et rejoint la tranche de vie, le résultat en général est plutôt séduisant. Somali et l’Esprit de la forêt confirme ce principe et s’avance comme une des meilleures œuvres Fantasy de cette saison Hiver, pour certains même la meilleure.

Depuis que le monde est dominé par les créatures non humaines, les hommes en sont réduits à mener une existence clandestine pour échapper à la persécution sans répit des nouveaux maîtres. Un jour, un golem, gardien des forêts, recueille une fillette appartenant à cette race humaine en voie d’extinction et décide d’entreprendre avec elle un périlleux voyage à travers les contrées. Ainsi commencent les aventures de cet étrange duo dépareillé, mais uni par un attachement quasi filial.

Ce synopsis décrit avec clarté l’anime. Somali et le Golem vont voyager à la recherche d’indices sur les humains tout en dissimulant aux autres êtres l’identité de Somali. Le monde n’est pas aussi sûr et joli qui le laisse paraître. L’histoire du conflit entre les hommes et les créatures non humaines instaure un climat en arrière-plan dangereux pour ce duo si mignon. Autant il y a de côtés mignons à cette œuvre, autant de dangers et mystères sombres semblent exister.

Durant leur périple, ils vont rencontrer de nombreuses ethnies et personnalités singulières. Par principe dans ce genre d’œuvre, des compagnons rejoignent souvent les protagonistes au fil de l’aventure. Or ici leur binôme reste central et personne ne les rejoindra définitivement, proposant de fait un voyage singulier intime privilégiant avant tout ces deux personnages et leur relation. Cet aspect est particulièrement attirant. Cela ne veut pas dire pour autant que le développement des personnages secondaires est frêle ou bâclé. L’ensemble du casting est très bon et on s’attache à tous les personnages rencontrés.

Somali et l'esprit de la forêt anime Somali

Mais l’histoire de Somali et l’Esprit de la forêt n’est pas une simple aventure, c’est aussi une quête contre le temps. Très vite, le public apprend que le Golem arrive à la fin de son espérance et que Somali n’est pas au courant. Ceci rajoute une donnée dramatique à l’histoire. Cet élément est vraiment bien dosé avec un suivi intéressant.

L’usure du Golem au fur et à mesure des épisodes est palpable. De plus, éloigner Somali de la vérité en repoussant l’échéance permet de créer des situations et discussions délicatement déchirantes. Cette touche dramatique se retrouve parfois dans certaines histoires de personnages secondaires. Aussi bien leur aventure au sens large que chacune des histoires sont attrayantes. L’œuvre est majoritairement posée avec régulièrement des petits pics d’intensité et de tension. Cette tranche de vie fantastique est ainsi agréable à suivre.

La relation entre Somali et le Golem est attendrissante. L’attitude de Somali qui désobéit parfois et Inori Minose qui lui prête sa voix peuvent parfois être énervants. Néanmoins, ces deux personnalités contrastent bien et se complètent. L’un n’exprime rien, l’autre est pétillante et souriante. L’un est réfléchi, l’autre est inconsciente. L’un ne ressent rien, l’autre est un concentré d’émotions.

L’œuvre est très jolie. Le staff et notamment le studio Satelight font un bon travail sur l’adaptation de ce manga. Les paysages, les villes et les décors sont splendides. La direction artistique dans cet anime est une des meilleures de la saison. On peut critiquer le manque cruel de vie (= d’animation) et de réalisme dans la nature, mais dans Somali et l’esprit de la forêt, cela donne un petit cachet particulier.

C’est comme prendre un cliché et capturé la beauté de la nature dans une image. C’est irréel et féerique mais ça marche plutôt bien, même si on n’aurait pas refusé plus de vie, évidemment. L’architecture et la conception des environnements/décors sautent aux yeux tandis que le design des créatures est un peu plus mitigé. Certains sont détaillés, réfléchis et originaux alors que d’autres ne sont que des animaux ou être fantastiques avec un rajout de quelques membres, changement de couleur etc. En parallèle l’animation des personnages est très correcte.

Pour terminer sur la direction artistique, la bande-son est somptueuse. Ryo Yoshimata (une de mes révélations de 2018 avec Après la Pluie), compositeur encore assez peu connu dans le domaine de l’animation, produit une jolie bande-son aussi bien pour les moments émotionnels ou plus calmes. Les compositions au clavier restent probablement mes préférées.

Conclusion : Admirez cette touchante aventure !

Note :
8/10
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Somali and the forest Spirit est une histoire émouvante. Au-delà des jolis paysages et de la bande-son, l’anime dresse une relation fusionnelle entre deux êtres avec une fin dramatique certaine. Comparé à d’autres œuvres, l’anime ne traine pas longueur et raconte avec justesse les divers temps forts de leur aventure. Excepté l’éventuelle allergie au personnage de Somali, on peut recommander sans souci ce visionnage qui procura de belles sensations.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Crunchyroll

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