Bilan Anime Printemps 2020 de l’Equipe (Partie I) – Les 5 meilleurs nouveaux animes

Bonjour à tous. Ce n’est plus une surprise maintenant, quand la fin de saison se rapproche, l’équipe se réunit afin de proposer un premier bilan anime. 

Gros changement dans la composition de l’équipe, le club des cinq est enfin au complet. Antony, AbdoulXGunners, Uzuchi et moi-même accueillons avec plaisir Hime. On ne peut que se réjouir d’avoir une opinion différente avec une plume authentique et une bienveillance identique au reste de l’équipe.

Je rappelle le concept qui ne change pas d’un pouce : chacun a élu les 5 nouveaux animes qui selon lui sont les meilleurs de la saison, dans la limite de ceux qu’il ou elle regarde. Les sélections ont ensuite été regroupées pour en faire ressortir 5. Ce bilan reflète uniquement le choix de ses membres et non pas une vérité absolue quelconque. Les précédents bilans de Automne 2019 (Partie I) et Hiver 2020 (Partie I) sont disponibles ici :

Le Bilan Anime Printemps 2020 de l’Equipe (Partie II) – Les coups de coeurs arrivera début juillet, où cette fois-ci, chacun aura davantage de liberté pour s’exprimer sur ses préférences de la saison (Animes, Animation, Esthétique visuelle et Episode final). Voici donc les cinq fameuses nouveautés de Printemps 2020.

Otome Game no Hametsu Flag

Après avoir frappé sa tête contre une pierre, Katarina Claes, fille d’un duc, 8 ans, se souvient de sa vie antérieure. Dans celle-ci, elle avait joué à l’otome game, Fortune Lover, monde dans lequel elle s’est réincarnée. Néanmoins, elle n’en est pas l’héroïne, mais la vilaine qui, peu importe la route qu’elle emprunte, est destinée à la « bad end ». Katarina pourra-t-elle changer son destin ?

Genre en vogue au Japon, le shôjo isekai était, jusqu’à présent, limité au light novel et manga. Avec My Next Life as a Villainess All Routes Lead to Doom, pour faire plus court Hamefura, il fait son entrée dans le monde de l’animation.

L’anime pose avec succès les bases d’un univers centré autour d’un otome game. Si, comme n’importe quel isekai, Katarina est transportée dans un autre monde (ici, par réincarnation), sa mission n’est ni de sauver un quelconque royaume ni de se battre contre des monstres ; elle se bat contre son destin de vilaine, la mort ou l’exil. Avec aisance, se succèdent les scènes où l’univers est décrit au travers les souvenirs de la réincarnée, puis celles où elle interagit avec cet univers, conduisant à des changements de scénario. Quant à la direction artistique, le style coloré et mignon va de pair avec l’ambiance d’une comédie shôjo. Autre point positif : l’opening chanté par angela.

L’anime a également saisi l’essence de Katarina, une protagoniste sortant de l’ordinaire. La seiyuu, Uchida Maaya, fait un travail remarquable en incarnant à la perfection les multiples facettes de Katarina. La réunion des « Katarina », pour éviter la « bad end », est la scène la plus attendue à chaque épisode. Son comportement décalé fait rire.

Quant aux autres personnages, l’héroïne, ses rivales, ainsi que les protagonistes masculins à romancer, leur point de vue est peu ou moyennement développé. Pour autant, ils ne manquent pas de charme. Pour en savoir plus sur eux, la lecture du light novel est vivement conseillée.

Coup de coeur

Faisant l’unanimité parmi les membres de l’Equipe, Hamefura aura réussi à satisfaire les fans du light novel et du manga, et à conquérir le cœur des fans de japanimation.

Tower of God

Atteignez le sommet et tout vous appartiendra ! Celui qui parvient en haut de la tour verra ses souhaits les plus fous s’exhausser. Il deviendra alors un dieu. C’est l’histoire du début et de la fin de Rachel, une fille partie dans la tour pour toucher les étoiles, et de Bam, un garçon qui ne vit que pour elle…

Tel un irrégulier qui force son entrée dans la tour, c’est par la grande porte que l’univers des webtoons décide de s’immiscer pour de bon dans le monde de l’animation avec un de ses éléments phares : Tower of God.

Avec un lore et une popularité souvent assimilés à One Piece et couplé à un système aussi brillant qu’un Hunter x Hunter, adapter la première saison du manhwa en seulement 13 épisodes avait de quoi faire peur. Néanmoins, les compromis trouvés par le directeur Takashi Sano et son staff, offrent une adaptation qui transpose efficacement le charme créé par son auteur SIU. La direction artistique réussit à rendre cet aspect unique, lié à son média de web comic, avec un rendu beaucoup plus alléchant que sa contrepartie (sur cet arc) tant par les environnements que par le design des personnages, aidant ainsi à l’immersion des nouveaux venus. Ce visuel s’accompagne d’une bande son captivante de Kevin Penkin aussi versatile que l’œuvre. Cette entrée favorable se doit également à sa structure narrative, qui en dépit de son rythme soutenu amenant à réduire le flot d’informations sur le scénario, se permet tout de même d’apporter de l’inédit et de mettre mieux en lumière des personnages comme Bam ou encore Rachel, donnant aux lecteurs un regard frais sur cette saison.

En tant que proue de Webtoon, Tower of God réussit amplement son début d’ascension mais comme le conseille Tanino Miho, la character designer sur l’animé, la meilleure façon de profiter pleinement de cette aventure est de suivre le manhwa aux côtés de l’animé. Si pour le moment la série ne peut se suffire à elle-même, nul doute que cette prise de température sur l’audience lui sera bénéfique pour sa suite et amènera encore plus de pépites dans les mois à venir.

Sing « Yesterday » for Me

Dans une petite ville de banlieue située sur une ligne de chemin de fer privée, juste après la grande gare de Shinjuku, quatre étudiants tentent de vivre leurs plus belles années malgré les difficultés et les doutes qu’ils peuvent ressentir. De petits malentendus se transforment parfois en situations compliquées tandis que s’entremêlent leurs sentiments…

Sing Yesterday For Me (Yesterday wo Utatte) est une adaptation anime en 18 épisodes du manga du même nom. Celui-ci est sorti chez nous chez Delcourt dans les années 2000. L’histoire tourne autour Rikuo, un jeune diplomé qui travaille à mi-temps dans un convenience-store. Ce travail le conduira à faire de nouvelles rencontres mais aussi revoir des connaissances. Des rencontres qui vont avoir une influence sur lui mais aussi sur les personnes le côtoyant que nous apprendrons également à connaître.

Les points forts de cette licence sont ses personnages et les problématiques qui sont mises en avant. Des problématiques qui ne sont pas anodines et inconnues car ce sont des aléas de la vie où certains peuvent s’y retrouver ou s’identifier. Nous abordons le flou professionnel comme il est montré par Rikuo qui ne sait pas quoi faire de son futur malgré son diplôme en poche. Ce qui le conduit à se contenter d’un mi-temps au convenience-store. Les aléas amoureux sont également présents sous divers aspects, que ce soit via Rikuo, Haru, Shinako ou bien Rou. Ainsi que d’autres comme l’appréhension du futur ou l’attache au passé. Si ces problématiques sont bien exploitées, c’est grâce aux personnages qui sont réussis. Si Shinako me donne envie de lui filer des baffes, elle fait son travail dans l’oeuvre. Même si je suis toujours déstabilisée quand je l’entends parler car j’associe sa voix à celle d’Akane de Psycho-Pass (même seiyuu oblige). Tout comme Haru qui donne la pêche et qu’on encourage ou Rou qui est dans sa période complexe d’incertitudes. Les interactions entre ces personnages permettent de mettre en avant ces points-clés de la vie mais aussi de les faire avancer tout le long de l’anime. Nous ne voyons pas les épisodes défiler pendant ce temps et cela nous donne envie de toujours en voir davantage. Pour ce qui est de la patte graphique/animation, elle est réussie dans l’ensemble. J’aime beaucoup le chara design des personnages et c’est un plaisir pour les yeux. En ce qui concerne l’OST, c’est plus qu’agréable à l’oreille. J’ai un attachement particulier pour la musique de l’ED01 que je trouve magnifique.

            C’est clairement mon coup de cœur de la saison et ce depuis le premier épisode. Je le conseille grandement, vous n’en ressortirez pas déçus ! Je prie pour une réédition du manga en France en attendant, en espérant que cette adaptation anime les fasse réfléchir sur le sujet.

Born to be on air!

Minare Koda, une jeune serveuse originaire de Sapporo, fait la rencontre dans un bar de Kanetsugu Matou, le directeur d’une station de radio locale. S’ensuit alors une conversation explosive sur les peines de cœur. Le lendemain, alors qu’elle est au travail, Minare entend ses diatribes de la veille à la radio ! Matou avait secrètement enregistré les complaintes de Minare et les a diffusées sur les ondes. Cette dernière se retrouve alors à présenter ses plus plates excuses en direct ! Ce moment de radio fait un carton et rapidement, on lui propose de présenter sa propre émission ! C’est ainsi que débute l’histoire de cette présentatrice en herbe !

Après Blade of the Immortal qui a eu droit à une réadaptation, en automne dernier, c’est maintenant au tour de Born to be on air! ou Wave Listen to me! d’être adapté en anime. Les deux œuvres sont du même auteur, néanmoins, elles sont d’un genre tellement différent que c’en est étonnant.
Born to be on air! narre l’histoire de Koda Minare, une jeune serveuse de restaurant qui se retrouva animatrice radio par la force des choses.

Le studio Sunrise est derrière cet anime et comme nous l’avions supposé précédemment, il réalise un travail plus que correct quant à l’animation et la mise en scène des gags. Bien que le thème de l’histoire soit la radio, l’anime bénéficie de plusieurs imageries se traduisant par l’entrée dans l’imaginaire des actions narrées. Ces dernières ont tendance à relater des faits fantastiques ou surnaturels et contiennent un nombre accru d’action. L’animation réussit à régaler durant ces moments et l’alternance avec le réel parvient à donner un comique intentionnel sans quoi le tout ne fonctionnerait pas. Ainsi, en tant que comédie, le travail est amplement fait et l’humour de l’œuvre va tant dans le grossier que le plus subtile, tout en restant dans un registre mature.
Du côté de l’histoire, l’approche de la radio est quant à elle intrigante. Cette industrie n’est pas abordée de manière directe tel qu’on peut le voir en général dans les animes de ce genre où une présentation de chaque point est faite. L’anime joue sur un principe d’émission, proche d’un livre audio. Par ce biais, deux aspects de Born to be on air! réussissent à briller encore plus que le reste : le jeu formidable des doubleurs et des comiques de répétition instaurant une réelle identité à l’œuvre.
Outre le côté radiophonique, d’autres intrigues sont abordées avec un rythme et une écriture exemplaire, propre à Samura Hiroaki, comme il a pu déjà en faire preuve auparavant, pour ceux familiers avec ses travaux.

Finalement, Born to be on air! est un des animes de la saison ayant su tirer son épingle du jeu, de par une technicité notable durant toute sa diffusion mais aussi par son charme humoristique mature, qui ne peut que plaire dans un contexte où les comédies présentent de plus en plus des humours similaires et puérils.

Kakushigoto

Voici Gotô Kakushi, auteur de mangas quelque peu érotiques et sa fille unique, Hime, en classe de CM1. Pour Kakushi, rien au monde ne passe avant sa fille adorée. Seulement, il y a quelque chose que le papa poule ne veut pas que sa fille découvre : son métier de mangaka ! Car si sa fille apprenait son « secret », elle le détesterait ! « C’est l’histoire d’une famille attachante pleine de rires et d’amour qui commence… »

Grâce à une histoire attendrissante remplie de bons sentiments, Kakushigoto délivre une bouffée d’air apaisante en cette saison mouvementée.

L’histoire raconte la vie de Hime et son père, Gotô, un mangaka qui écrit des mangas érotiques. Ne souhaitant pas que sa fille découvre son véritable métier, il va lui mentir et s’inventer une autre profession. De cela va naître un comique avec des situations totalement farfelues et divers malentendus. Kakushigoto est une œuvre humoristique gonflée par un papa poule et une gamine trop crédule, employant bien souvent un comique lié à l’univers du manga et de l’édition.

Au-delà de son comique très léger, l’anime développe avec sentiment et mesure la relation entre le père et la fille. L’histoire est tendre et se construit au travers de ce duo. Correctement rythmé et découpé, cette tranche de vie est traversée par un drama, à savoir la mort de la mère d’Hime. Kakushigoto tire sur cette corde avec délicatesse et efficacité. Avec des scènes explicites ou des sous-entendus interprétés comme tel, le script polit régulièrement avec soin cet aspect.

Le studio Aija-Do livre cette jolie œuvre avec une brillance et une simplicité dans le rendu. La direction visuelle est forte séduisante et les couches sont harmonieuses.

Soignée sur sa réalisation et direction artistique, cette tranche de vie humoristique côtoyant légèrement le drama, aura apporté comme aucun autre anime de printemps une profonde tendresse et compassion à l’égard de ses personnages.

Mot de la fin

Je transmets les votes de chacun :

  • Uzuchi : Sing Yesterday for me – Otome Game – Kakushigoto – Arte – Tamayomi  
  • Antony : Hamefura – Priconne – Wave, Listen to me – Kakushigoto – Tower of God
  • AbdoulXGunners : Tower Of God – Born To Be On Air – Sing Yesterday For Me – Priconne – Hamefura
  • Hime : Hamefura – Kakushigoto – Yesterday wo Utatte – 8th Son – BNA
  • Moja : Kakushigoto –  Otome Game – Yesterday wo Utatte – Tower of God – Gleipnir  

A cause du Postponed, les votes sont très serrés même avec l’arrivée de Hime qui rajoute encore plus de choix.

Priconne rate de peu le podium malgré son attrait indéniable. En tant que hôte de cette sélection, j’aimerai aussi souligner la bonne performance de Gleipnir, bon divertissement qui possède une production soignée. Arte aussi a bien emballé Hime et Uzuchi. Il faut en outre pointer le cas de BNA. Encore une fois une production Netflix n’apparaît pas dans ce classement et part désavantagée puisque 2 des membres ne l’ont pas vu (AbdoulxGunners attendant sa diffusion légale). Pour autant, Antony, Hime et moi l’avons vu et on peut dire que les avis sont un peu plus mitigé cette fois sur cette sortie Netflix comparé par exemple à Dorohedoro ou Beastars qui emportaient un consensus évident. Il n’en reste pas moins un bon anime.

On remarque que cette saison, en termes de nouveautés, Crunchyroll s’en sort très bien avec 3 de ses animes dans la sélection contre 2 la saison précédente. Wakanim cède un peu de terrain car quelques-uns de ses animes ont été décalés tels que Fugou Keiji ou bien Appare-Ranman. En rajoutant Gleipnir, Arte et Priconne, les deux forces s’équilibrent. 

J’espère que cet article vous aura plu. Je remercie encore une fois Uzuchi, Antony, Hime et AbdoulXGunners.

Je rappelle que le Bilan Anime Printemps 2020 de l’Equipe (Partie II) – Les coups de coeurs sortira début juillet où chaque membre parlera de manière beaucoup plus libre et personnelle de ses coups de coeur sur l’ensemble de cette saison. Je vous remercie et nous vous disons donc à la prochaine.

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