Bilan Anime Printemps 2021 de l’Equipe (Partie I) – 5 nouveaux animes incontournables

Bonjour à tous. Les saisons se suivent sans se ressembler. Pour la première fois depuis le début de ces articles, c’est une sélection qui divisera énormément du fait d’un nombre important de bons animes et des préférences de visionnage de chacun. 

Une équipe, composée toujours des 5 mêmes qui accueille un nouveau venu signant à la fois son arrivée mais aussi son départ de l’équipe : Swordy.

Je rappelle le concept : chacun a élu les 5 nouveaux animes qui selon lui sont les meilleurs de la saison, dans la limite de ceux qu’il ou elle regarde. Les sélections ont ensuite été regroupées pour en faire ressortir 5. Ce bilan reflète uniquement le choix de ses membres et non pas une vérité absolue quelconque. Les précédents bilans du même genre sont disponibles ici :

Les Bilans Anime Printemps 2021 de l’Equipe (Partie II et Partie III) arriveront dans les prochains jours (Animes, Animation, Esthétique visuelle et Episode final). Voici donc les cinq fameuses nouveautés de Printemps 2021.

86

Pour répondre aux attaques de drones autonomes envoyés par l’empire voisin de Giad, la république de San Magnolia a développé ses propres drones de combat surnommés les “Juggernaut », espérant ainsi limiter les pertes humaines. En réalité, ces appareils sont pilotés par les 86, les habitants d’un district secret considérés comme du bétail.

Eighty-Six narre une histoire empreinte de discrimination et guerre qui mènent à un questionnement sur les différentes valeurs humaines. Il s’agit d’une production animée du studio A-1 Pictures. L’anime adapte le light novel du même nom en y ajoutant diverses scènes originales donnant plus de forces aux passages en jouant beaucoup sur l’émotion.

L’écriture de 86 est le point fort majeur de l’œuvre. L’anime prend son temps tout au long de ce premier cour et développe avec justesse les thèmes et l’histoire, nous faisant nous enticher encore plus des personnages qui gagnent en profondeur par la même occasion. Les transitions narratives sont faites de manière originale et ancrent le sentimentalisme de l’anime. Par tout cela, plusieurs personnages secondaires se révèlent de plus en plus pertinents. Le nombre de personnages de l’anime a beau être conséquent, leur gestion est légère et pleine de charme.

Au niveau de la réalisation, l’aspect majeur de l’œuvre est sans conteste la mise en scène de l’acting des personnages. Une scène notable de la série animée parvient à dépeindre avec précision le choc subi par la protagoniste, Lena. Dans un contexte où Lena ne voit aucun des autres personnages et ne fait que les entendre, on observe sa stupeur et angoisse qui fut traduite par des mouvements animés vifs qui expriment l’entière de la scène avant même que les personnages ne parlent. Ce genre de scène est légion dans 86 et rend l’ensemble vivant malgré son postulat lourd en thématiques. En plus de cet aspect, l’anime a fait preuve d’illustrations magnifiques durant les transitions avec le générique de fin. La mise en scène se présente comme une réussite en termes de format visuel.

Coup de coeur

Faisant la quasi unanimité parmi les membres de l’Equipe, 86 est un anime à l’écriture remarquable et à une réalisation impeccable. L’œuvre n’adapterait à priori que le premier volume de l’œuvre, chose rare qui démontre de l’attention portée au studio à cette adaptation. C’est pourquoi nous lui décernons la mention Coup de Coieur de l’Equipe.

Seijo no Maryoku wa Bannou Desu & Ijiranaide, Nagatoro-san

Pour la première fois en 6 saisons, deux animes sont arrivés parfaitement ex aequo avec une impossibilité de les départager.

Sei Takanashi est invoquée dans un autre monde avec une jeune fille qu’elle ne connaît pas. La jeune fille est désignée comme étant la Sainte, Sei, elle, est abandonnée. Sei décide alors de travailler à l’Institut de recherche médicinale Flora, où elle fabrique potions et cosmétiques grâce à des herbes et de la magie, mais sa Sainteté la rattrape…

L’adaptation anime du shôjo light novel Seijo no Maryoku wa Bannou Desu, également appelé The Saint’s Magic Power is Omnipotent, en abrégé Saint Magic, est dans l’ensemble réussie.

L’œuvre se caractérise par son ambiance chaleureuse qui guérit les cœurs avec un attachement aux personnages immédiat. En effet, si au début, l’héroïne Sei se sent abandonnée, au fur et à mesure elle finira entourée de personnages ayant tous un regard bienveillant à son égard. Sei elle-même est chaleureuse : c’est une travailleuse au cœur d’or. Suivre son évolution est un vrai plaisir. On apprécie aussi les scènes de flirt entre elle et le chevalier Albert, ou encore les scènes où le mage Yuri se déchaîne d’admiration devant les pouvoirs de Sei, sans oublier les scènes avec les autres personnages féminins.

L’anime respecte la trame du light novel, et même y ajoute des éléments provenant du manga spin-off sur Aira, la jeune fille invoquée en même temps que l’héroïne, ce qui est grandement appréciable. Seul bémol : si jusqu’à l’épisode 9, l’anime est parfaitement rythmé (4 épisodes pour le volume 1 du light novel, 5 épisodes pour le volume 2), à compter de l’épisode 10, le rythme accéléré peut déplaire surtout pour les fans du light novel. En effet, l’épisode 10 condense les trois quart du volume 3, puis le volume 4 est développé lors des deux derniers épisodes 11 et 12.

Le chara-acting est exceptionnel. L’attention portée au choix des seiyuu se ressent. Interprétée par Yui Ishikawa (la voix de Violet Evergarden), on ressent à la perfection l’incompréhension par exemple de notre héroïne, son énervement face à la situation qu’on lui impose, puis sa joie et son émerveillement concernant les potions, ainsi que son amour grandissant pour le chevalier Albert. Les autres personnages prennent tout aussi vie grâce à leur seiyuu. 

La direction artistique est d’excellente qualité. Les décors sont magnifiques, le chara-design aussi, avec un univers coloré mais tendre. L’opening et l’ending collent parfaitement à l’ambiance chaleureuse de l’œuvre : musique douce et bienveillante, des clips vidéos épurés, car non animés niveau personnages, mais montrant les particules de magie dans l’opening et les décors dans l’ending. L’animation, basée essentiellement sur le langage corporel, retranscrit bien les sentiments des personnages.

Alors qu’il se rend à la bibliothèque, Senpai devient un jour la cible d’une fille plus jeune que lui. Cette élève qui le taquine, l’aguiche et le tourmente s’appelle Nagatoro ! À la fois ennuyeuse, mais adorable, elle ne cesse de s’en prendre à Senpai. Mais où veut-elle en venir, finalement ? Et si ses caprices agacent le garçon, ils pourraient bien l’aider à sortir de sa timidité…

Avec un premier épisode tournant presque la rigolade à un potentiel harcèlement et moquerie de mauvais goût,  Arrête de me chauffer Nagataro était loin d’emporter adhésion.

Mais avec une certaine surprise, l’anime glissa très rapidement et en faisant presque table rase du premier épisode, en une comédie avec une tension amoureuse des plus mignonnes entre nos deux jeunes protagonistes. Si Nagataro ne cesse de taquiner « Senpai » le mettant souvent mal à l’aise, ces propres agissement se retournent de manière récurrente contre elle la gênant tout autant que lui. Face à cette atmosphère romantique où les sentiments de l’autre ne font aucun doute, le public se passionne à suivre leurs échanges et escapades amoureuses en salle de cours ou bien sur le chemin du retour.

Cet anime à rapprocher de Takagi-San diffère par son aspect plus mature (d’où le Arrête de me chauffer Nagataro) même si le Senpai reste relativement pudique. Il se distingue aussi par le résultat proposé moins unilatéral ne se faisant pas toujours en défaveur du même. Ici, plus que d’apporter des histoires anecdotiques, l’anime alimente sans cesse leur lien amoureux afin d’arriver à la tension propice suffisante pour conclure leur histoire (pour le manga évidemment)

Dans certaines oeuvres comme Takagi-San, le casting annexe peut également être bien en dessous, ce qui n’est pas forcément le cas de celui de Ijiranaide Nagataro-san très complémentaire en matière d’humour et intéressant sachant qu’ils ne sont pas crédules sur les sentiments des deux adolescents. 

Divertissant, mignon mais aussi suintant, cet anime à picorer de manière raisonnée contribua sans aucun doute à la qualité de cette saison.

Shadows House

Un manoir qui cache un secret… Dans un immense manoir bâti à flanc de falaise vit une famille d’êtres sans visage aux airs d’aristocrates, les Shadow. Ils ont, pour les servir et leur tenir lieu de « visage », des domestiques désignés comme poupées vivantes. L’entrée de l’une d’elles au service de la jeune Kate Shadow marque le début d’un bien singulier quotidien entre une ombre et sa poupée. Voici l’adaptation animée d’un manga éminemment insolite !

Shadows House est l’adaptation du manga du même titre par le duo So-ma-to. Le manga est publié dans le magazine Young Jump aux côtés de Golden Kamuy, Oshi no Ko ou encore Uma Musume, ainsi qu’en France aux éditions Glénat. L’adaptation est quant à elle sous les soins du studio Cloverworks, qui s’est notamment occupé de son grand cousin, The Promised Neverland.

Le scénario se déroule dans un manoir ayant pour hôte une famille aux manières nobles, appelée les Shadow. Des êtres sans visages qui ont chacun à leur service, des poupées vivantes chargées de répondre à leur besoin et de refléter leurs émotions.

Comme indiqué plus haut, Shadows House et The Promised Neverland partagent quelques points communs, à savoir, des titres venant de Shueisha à l’ambiance thriller, accompagnés d’une part de fantastique et qui sont tous deux, adaptés par Cloverworks. Une des différences notables entre les deux se trouve au niveau rythme. Contrairement à TPN qui est un véritable bang à chaque épisode, Shadows House est quant à lui l’exemple type d’un show slow burner, un titre qui gagne en force au fil des épisodes. On démarre tel un anime au format épisodique en guise de mise en place des tenants et aboutissants qui compose le manoir pour les exploiter ensuite de manière plus intenses.

Sur le plan de l’adaptation, l’aspect lumineux et lugubre du manga est bien retranscrit et les quelques petites bricolent que subit l’anime en retirant et modifiant des événements de la trame originale réussissent tout de même à rester cohérent avec l’univers créer par So-ma-to.

Une adaptation digne du rayon de soleil qu’est le personnage d’Emilico et j’espère fortement la revoir sur nos écrans dans quelques années.

Mashiro no Oto

Matsugorô Sawamura était un joueur de shamisen au talent légendaire. À sa mort, son petit-fils, Setsu Sawamura, a perdu sa capacité à jouer. Ne parvenant pas à retrouver le rythme et la mélodie qu’il aimait, Setsu se rend à Tokyo à la recherche d’une nouvelle inspiration. Yuna Tachimura l’invite à rejoindre le club de shamisen de son lycée afin de poursuivre son entraînement. Toujours à la recherche du son qui fera vibrer son âme, Yuki imprègne sa musique de ses sentiments…

Mashiro no Oto est une adaptation anime en 12 épisodes du manga du même nom actuellement en cours au Japon. Il est disponible sur Crunchyroll en simulcast et si vous n’êtes pas allergique à l’anglais, sachez que le manga sort chez Kodansha Comics en digital avec 6 tomes au compteur.

Celui-ci narre l’histoire de Setsu Sawamura, petit-fils d’un grand joueur de shamisen qu’il prend comme modèle et dont le son lui est cher. Suite à la mort de ce dernier, il perd tous ses repères et s’en suit un énorme vide et des incertitudes qui vont le mener à vadrouiller. Jusqu’à ce que sa mère le retrouve et l’inscrit dans le lycée du coin pour faire connaître son jeu du shamisen. C’est là que tout commence.

Cette licence met l’emphase sur diverses choses. Si Kono Oto Tomare avait su charmer son public avec ses morceaux au koto, nous retrouvons la même chose ici mais en exploitant cette fois-ci le shamisen qui possède un son bien particulier mais tout aussi agréable en nous dévoilant ce que l’on peut faire quand on a une bonne maîtrise de celui-ci. Si l’instrument est un point clé, le travail sur le psyché des personnages est l’autre point important. Comme dit précédemment, certains aléas de la vie sont exploités pour mettre en lumière comment ceux-ci sont ressentis par les dits personnages et comment ils agissent en fonction. La période lycée oblige, on se centre également sur les tracas en lien tout en n’oubliant pas les dramas familiaux qui en rajoutent une couche. Un point qui peut être irritant vu comme certains adultes mériteraient de se prendre des baffes mais qui sert à l’évolution de l’intrigue. On aborde vraiment un développement émotionnel/psychologique des personnages qui se fera sur la longue et c’est réussi. Sans oublier que le lien étroit shamisen/état émotionnel est bien mis en avant dans le jeu de Setsu qui varie et nous offre des moments féériques. Les effets de réalisation lors de certains passages savent donner encore plus d’impact et l’OST finit de renforcer cet aspect.

Une belle douceur pour les oreilles et un magnifique coup de cœur similaire à Kono Oto Tomare.

Fumetsu no Anata e

Un garçon solitaire errant dans les régions arctiques de l’Amérique du Nord rencontre un loup. Tous deux deviennent rapidement amis, dépendant l’un de l’autre pour survivre dans cet environnement hostile. Mais ce garçon a une histoire et sa rencontre avec ce loup n’est pas fortuite…

Si la poésie pouvait avoir un nom, elle s’appellerait To your eternity, le nouveau bébé du studio Brain’s Base (Blood Lad, Durarara!!, etc…). C’est une histoire poétique que dispose l’œuvre et le résultat est une ambiance surnaturelle très portée sur la nature.

Cet anime comte les péripéties d’une étrange boule blanche qui est déposée par un être encapuchonné des plus mystérieux. Celle-ci s’avère être un organisme vivant qui nécessite des stimulus pour pouvoir se transformer en l’être qui l’a stimulé émotionnellement parlant. Il dispose d’une vingtaine d’épisodes à la fois rythmés comme très calmes (12 sont actuellement sortis.). To your eternity fait partie de ces œuvres pas facile à classer, mis à part qu’on pourrait la décrire comme étant très portée sur le surnaturel et le traditionnel. Ce qui est agréable dans cette œuvre est de voir l’évolution de cet être que nous avons vu au début comme étant une petite boule jusqu’à évoluer au stade d’être humain.

On y retrouve des séquences légèrement portés sur l’humour, par moment quelques sujets importants, comme l’indépendance par exemple. Chaque arc est important pour notre étrange protagoniste qui lui permet d’évoluer à sa manière dans ce monde de brute.

L’animation y est relativement propre en ce qui concerne les moments d’action, les divers affrontements que l’on aperçoit sont de qualité et très faciles à suivre. Son côté poétique s’y retrouve également sur quelques plans, qui s’avèrent être très beau à l’œil et notamment de magnifiques paysages. Les charac-design des personnages sont intéressants, puisqu’ils sont très variés. Ce qui les rend attachants de pas leurs designs comme par leurs caractères.

Nous nous retrouvons avec un anime qui n’est pas encore terminé à l’heure actuelle, mais qui arrive à sortir son épingle du jeu avec un univers qui lui est propre et où chaque épisode contribue à notre héros évolutif. Quelques moments de longueur, rien de bien méchant. Une vraie bouffée d’air frais !

Mot de la fin

Je transmets les votes de chacun :

  • Uzuchi : 86 – Mashiro Oto – Nagatoro – Edens Zero – Saint Omnipotent
  • Hime : Saint Magic – Pretty Boy Detective Club – 86 – Shadows House – Mashiro no Oto
  • Swordy : To Your Eternity – Higehiro – Nagatoro – Mashiro no Oto – Bakuten
  • Abdoul : Shadows House – Odd Taxi – To Your Eternity – 86 – Slime 300
  • Dia : 86 – To Your Eternity – Godzilla S.P – Slime 300 – Pretty Boy Detective Club
  • Moja : Vivy – SSSS Dynazenon – 86 – Shadows House – To Your Eternity

Pour une fois, je me désengagerai un peu du résultat qui ne permet pas de saisir tous les animes incroyables de cette saison, 2-3 animes qui auraient dû laisser leur place à l’un de ceux-ci :

  • Vivy et SSSS.Dynazenon : tous deux incroyable sur leur réalisation et animation proposant pour le premier une histoire de science-fiction inoubliable et pour l’autre un show trépident d’action et d’approfondissement sur soi-même. La SF et Mecha ne sont pas forcément les genres privilégiés de la majeure partie de notre équipe expliquant leur retrait évident.
  • Odd Taxi : Une intrigue sans élément scénaristique superflu, mystérieux jusqu’au tout dernier instant composé d’un casting avec un rôle ciselé et singulier. N’oublions pas son dernier épisode impossible à voir venir sur certaines lignes.
  • Edens Zero : Le Grand sous-estimé de cette saison. Animation et réalisation sans faute pour ce titre signé Mashima, captivant d’entrée, redorant avec tous les éléments intrinsèques d’un très bon Shonen.

Autre petite anecdote concernant Tokyo Revengers. Personne ne niera que c’est un bon anime, mais l’équipe de manière générale le trouve bien trop survendu. La production n’a rien d’éclatante comparé à pas mal de titres cités ci-dessus. Quant à l’histoire, la question de temporalité ainsi que son casting, le tout n’a rien d’incroyable et présente des simplicités même si l’anime a de jolies qualités. Il fallait bien évoquer son cas et scinder sur la fin…

 

J’espère que cet article saisonnier vous aura intéressé. Je remercie encore une fois Uzuchi, Antony, Hime, AbdoulXGunners et Swordy pour cet ultime écrit.

Je rappelle que les deux prochains Bilans Anime Printemps 2021 sortiront dans les prochains jours. En attendant nous vous souhaitons un joli été avec espérons davantage de soleil…

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