Bilan Printemps 2020 de l’Equipe (Part 2) – Esthétique visuelle et Animation

Bonjour à tous. Au programme pour ce début de mois la seconde partie du bilan saisonnier où l’équipe reviendra cette fois-ci sur sur l’animation et l’esthétique visuelle des animes qui ont marqué printemps 2020.

Nouveau découpage pour le bilan tout en conservant le même fond. Je me suis rendu compte que le second bilan était un peu long à lire d’une traite, j’ai donc décidé de le diviser en deux :

  • Part 2 : Esthétique visuelle et Animation
  • Part 3 : Coup de coeur et épisode final

L’arrivée de Hime est venue encore plus exacerber ce ressenti et confirmer mon choix. Egalement si un sixième ou septième membre arrivait plus tard dans l’année, son intégration serait possible sans faire préjudice au reste de l’équipe. A l’inverse, à la place d’augmenter l’équipe, une catégorie dans la Part 2 pourrait être rajoutée. Bref des petites réflexions en envisageant l’avenir.

Ils sont toujours là même quand tout le monde est déjà à la plage, je suis accompagné comme d’habitude de Antony, AbdoulxGunners, Uzuchi et Hime.

Avant de lire l’article, si ce n’est pas déjà fait je vous conseille comme d’habitude la lecture rapide du Bilan Printemps 2020 de l’Equipe Part I – 5 Nouveaux Meilleurs Animes (Lien ICI).

L’ESTHÉTIQUE VISUELLE CHÉRIE

Extra Olympia Kyklos – On a eu pas mal d’animé courts et sympathiques sur cette saison printanière comme All Saint Street ou encore The House Spirit Tatami Chan réalisé par l’auteur de High Score Girl, Rensuke Oshikiri, mais si il y en a un qui s’est démarqué des autres, c’est bien Extra Olympia Kyklos.

Si le manga, le film live ou le petit animé Thermae Romae par Gonzo vous parle, sachez qu’Olympia Kyklos se trouve aussi être une adaptation tirée du manga de Mari Yamazaki. Contrairement à son grand frère et son format d’origine, il se voit doter d’un style au mélange des plus excentriques. D’un coté de la plasticine en stop motion (ou claymation) pour les grecques sous forme de sculpture et leur époque aussi modelée de pâte, de l’autre les années 60 du Japon et ses personnages qui sont eux faits de carton avec en supplément des prises de vues réelles d’environnement et de personne. Une fusion complètement bizarre qui amène des idées humoristiques super intéressantes. Le genre d’ovni créatif qui fait plaisir et que j’aimerais voir plus souvent.

Woodpecker Detective’s Office – Un seul mot me vient à l’esprit pour caractériser la direction artistique de cet anime : délicate. En contraste au genre mystère auquel appartient l’anime, ce dernier présente une esthétique éclatante et respirant la vie.

Les couleurs sont brillantes et donnent un caractère énergique à l’anime. Toutefois, le tout reste posé, de par l’agencement des différentes colorations et l’usage intelligent de la luminosité pour donner un jeu d’ombres constamment à la hauteur à chaque épisode. Un point d’honneur est fait pour exprimer au mieux de par les dessins les différentes saisons dans lesquelles l’anime se déroule. La beauté de ces dernières est mise en évidence et la discordance faite avec cette trame emplie de meurtres permet à l’histoire de paraître presque paisible et relaxante.

Les arrière-plans de cette série ont su me subjuguer. Sans que ces derniers entrent dans une description des détails, ils s’appuient sur une représentation adaptée à la scène et des changements de teinte, en plus de ceux de luminosité mentionnés plus hauts, de sorte à rendre chaque scène unique par rapport aux suivantes. La composition enjouée des plans n’empêche cependant pas de garder une adéquation entre elles pour former un style distinct dont on se sent rapidement familier avec.

En définitive, Woodpecker Detective’s Office ne passe pas que par sa mise en scène et son écriture. L’œuvre ne serait pas ce qu’elle est sans ce visuel si prononcé. Malgré l’allure incompatible entre cette dite direction artistique et l’histoire, les deux réussissent à se compléter pour rendre la production animée plus que solide.

Kaguya-Sama Love Is War S2 – Kaguya S2 est de loin celui qui m’a le plus marqué au niveau de son visuel. Tout comme la saison précédente, l’anime sait proposer un bon panel de couleurs et les exploiter convenablement. On notera une bonne utilisation des couleurs vives dans certains passages stratégiques comme les moments « manipulation » de Miyuki et Kaguya. Nous pouvons toujours observer une variante dans le chara-design des personnages suivant la situation. Que ce soit dans une projection de l’enfer sur terre pour Chika, les séquences gênes pour Kaguya ou l’imagination débordante de folie pour certains persos. Ils sont toujours aussi expressifs et c’est un véritable régal pour les yeux généralement. Ceci offre clairement l’impact voulu vis à vis du spectateur surtout avec les effets de lumière et autres parures agrémentant la plupart des scènes.

Yesterday wo Utatte – Ce serait étonnant que je cite autre chose que Yesterday wo Utatte. Bénéficiant d’un planning réfléchi, l’anime aura su conserver une qualité constante tout du long. La première chose qui marque dans cet anime sont les backgrounds en une seule couche. Très détaillés, l’ajout des personnages avec un trait peu appuyé par-dessus ne vient pas en plus briser le rendu visuel mais le complète magnifiquement bien. On se plait à suivre l’évolution des personnages au fil des saisons. Même si les couleurs restent relativement ternes, l’ajout de la lumière donne une autre dimension aux scènes et contrastent bien avec les couleurs, plus que dans un anime où tout est très coloré et vif. Evoquons aussi les flachback du passé avec une direction visuelle toujours intéressante. Entre regrets et illusions, ces séquences sont traitées avec divers effets et teintes de couleurs pour donner une impression de subjectivité et transmettre directement l’état émotionnel du personnage sans même avoir besoin de discussions pour le saisir. Une telle douceur se dégage de cette œuvre corroborée par une tristesse et un mal-être subtilement évoqués.  

Yesterday wo Uttate est sans conteste l’une des meilleures productions de cette saison, bien loin des problèmes qu’ont connu certains animes durant cette période, production qui possède un rendu visuel se rapprochant davantage de la qualité qu’on attend d’un film d’animation que d’une série télévisée.

BNA – Le studio Trigger ne se démarque pas uniquement par son animation, mais aussi par son style artistique unique. A l’instar de Kill la Kill ou Kiznaiver, le choix des couleurs dans BNA est basé, non par sur la réalité, mais sur le ressenti émotionnel, une ambiance bien précise. Il est basé sur la perception que se fait Michiru de son environnement, de ce qu’elle ressent.

Avant son arrivée à Animacity, les couleurs sont naturelles, mais également lumineuses, dénotant du quotidien ordinaire et joyeux de Michiru dans la société humaine. Un changement de couleurs intervient lorsque cette dernière arrive à Animacity ; des dégradés d’une même couleur (différents tons de rose, de vert…), sont employés, formant un tout peu naturel et obscur. Celles-ci représentent l’essence d’Animacity, une ville créée pour les animaliens qui, victimes de discrimination, ont fui l’oppression humaine pour se réfugier dans un « paradis ». Or, pour Michiru, elle lui paraît effrayante car inconnue. En tant qu’entité externe, celle-ci ressort du décor car elle ne se fond pas totalement dans le dégradé de couleurs, soit à cause de sa veste rouge soit de sa couleur de peau ; elle était humaine et aurait dû le rester, donc sa présence à Animacity est tout sauf normale. Au final, chaque monde a son propre code couleurs, la différence entre les deux « espèces » est flagrante, tout comme la difficulté pour chacune d’accepter celle-ci.

L'ANIMATION BIEN-AIMÉE

Sing « Yesterday » for Me – Si mon cœur est partagé sur l’adaptation sur le plan scénaristique, il est complètement conquis par la forme de l’animé. Doga Kobo encore plus indécent que d’habitude aussi bien sur le travail d’ambiance que ce chara acting qui déborde de réalisme, apporte à la fois un degré supplémentaire sur la perception narrative du cast et multiplie notre ressentie sur chacun des choix et actions qu’ils effectuent tout le long de l’intrigue. Dans une période ou les productions font plus de mal que bien, ça fait grandement plaisir de voir un titre soigné hériter d’un temps de travaille convenable pour l’ensemble du staff.

Sing « Yesterday » for Me – S’il y a bien un anime outre Love is War qui a su se démarquer monumentalement des autres productions par rapport à son animation cette saison, ce serait bien Sing « Yesterday » for Me.

Le studio Doga Kobo nous régale avec une animation finement menée tout au long de sa diffusion. En effet, du premier épisode au dernier, l’anime a su garder une fluidité des mouvements plus qu’exemplaire. L’animation apparaissait comme légère et avait pour objectif principal de rendre le plus expressif possible le jeu des personnages. C’est-à-dire, leurs mouvements les plus élémentaires qui traduisent de certaines émotions. De plus, l’animation se caractérise aussi par un certain aspect plus agité qu’en temps normal. Ce caractère abrupt et fort renforce le charme de l’œuvre tout en rendant le tout moins lisse et lui donnant plus de personnalité. Ainsi, a-t-on une œuvre vivante et conviviale dont les mouvements adroits créent une atmosphère bien originale et appréciable.

Bien que le character-acting soit l’un des éléments cruciaux de Sing « Yesterday » for Me, l’œuvre se permet aussi plusieurs libertés en ayant une animation étonnante même pour des scènes encore plus banales qu’à l’accoutumée, comme une porte se refermant, par exemple. À mes yeux, il s’agit d’un des animes printaniers disposant d’un des plus grands nombres de scènes fortes et d’une liberté louable quant à son animation.

Tsugu Tsugumomo – Comme la saison précédente, l’adaptation était réussie. Les séquences combats sont magnifiquement bien animées et l’ensemble des actions sont bien orchestrées. Avec l’OST en fond, l’effet voulu est doublé et marque les esprits. Les épisodes 9 et 11/12 sont assez représentatifs de ce point d’ailleurs. Toujours un travail respectable pour les passages calmes mais aussi ceux qui sont humoristiques/comiques. Une présence exagérée de « brume » en guise de censure pour les passages de nudité mais ça n’empêchait en rien d’apprécier les séquences qui étaient marrantes. Un travail d’ensemble propre et remarquable sur les moments cardinaux de l’oeuvre.

Kaguya-sama – Love is War – J’ai longtemps hésité avec Sing Yesterday for Me composant avec une animation des plus naturelles dans chacun de ses gestes mais j’ai porté finalement mon dévolu sur Kaguya-sama Love is War épatant de bout en bout durant toute cette saison. Les styles sont tellement variés que je ne peux que m’enjouer : fluidité ou animation saccadée composée de moins d’images, exagération des mouvements et soucis du détail pour sembler le plus réaliste et authentique que possible, déhanchement général du corps ou bien simple geste d’anxiété (…). Chaque animation alimente la séquence présente et témoigne de cette maîtrise parfaite des divers registres et genres par cette petite équipe. La scène de la chorale ou bien sous cette pluie sont mémorables. Bien souvent les animes comiques s’abstiennent d’user d’animations marquantes, exemple cette saison avec Kakushigoto, pour autant quand un anime arrive à briller sur l’ensemble des points comme Love is War, on remarque alors que l’animation conserve toujours un rôle essentiel dans notre appréciation générale d’une série, et heureusement.

Yesterday wo Utatte – Sing “Yesterday” for Me, s’il fallait le décrire en quelques mots, est un « grand bordel émotionnel ». En chacun de nous résident des émotions et sentiments qui s’entremêlent ; la complexité du cœur est la source de nos hésitations, de nos craintes, de notre mal-être. L’équipe de production a fait un travail remarquable. Par des mouvements lents, un souci du détail, les changements subtils d’expressions du visage, les postures ainsi que les gestuelles, reflètent l’état mental des personnages, complexe et changeant sans cesse. Ainsi, en misant tout sur le langage du corps, tout paraît spontané et naturel, tout est humain. Aux fleurs de sakura, qui ne flottent pas au vent mais tombent doucement telle une pluie fine et silencieuse, se rattache une Shinako délicatement animée dans cette séquence qui, tournée vers le passé, peine à faire le deuil de l’être aimé ; elle ne vit pas dans le présent et ne peut avancer vers le futur.

MOT DE LA FIN

L’article est tout de même plus digeste à lire. L’équipe prend tous vos retours afin d’améliorer et de faire évoluer constamment ce bilan saisonnier.

Je remercie encore une fois Uzuchi, Hime, Antony et AbdoulXGunners pour leur contribution. Grâce à eux, l’article est toujours aussi plaisant à faire et lire, surtout avec cette présentation en onglets.

Le dernier article bilan sortira ce week-end pour parler des coups de cœur, où l’équipe s’en est encore une fois donnée à cœur joie. A la prochaine pour le dernier article bilan de printemps !

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