Premières Impressions – Kimi to Boku no Saigo no Senjou

Avis de l'équipe

Synopsis :

L’Empire est doté d’un grand niveau de connaissances technologiques et Nebulis est craint comme étant le « Pays des Sorcières ». Sur le champ de bataille opposant ces deux pays, un jeune homme et une jeune femme se sont rencontrés : Iska, le plus jeune épéiste de l’histoire de l’Empire et Aliceliese Lou Nebulis IX, la princesse de la famille impériale surnommée « Sorcière des glaces funestes ».

Étant tous les deux ennemis jurés, ils doivent s’entretuer. Cependant, Iska est tombé sous le charme de la beauté et la noblesse d’Aliceliese. De son côté, elle est attirée par la force et le mode de vie du jeune homme. Chacun souhaite instaurer la paix entre les deux royaumes.

Hime

Light novel, écrit par Sazane Kei (qu’on connait en France pour son œuvre Why Nobody Remembers My World ?), adapté d’abord en manga (en anglais, les deux se trouvent chez Yen-Press), puis aujourd’hui en anime, Kimi to Boku no Saigo no Sanjou, Arui wa Sekai ga Hajimaru (en anglais, Our Last Crusade or the Rise of a New World), ou pour abréger « KimiSen » ou « KimiBoku », est un Roméo et Juliette ancré dans un monde fantastique.

Le premier épisode offre son lot d’informations pour comprendre le contexte, mais peine à saisir les émotions ressenties par les personnages. C’est moyennement satisfaisant, surtout pour ceux et celles qui ont le LN ou le manga.

L’importance du contexte dans cette œuvre, qui mêle magie et technologie, rend indispensable la présence d’un prologue. C’est chose faite : on apprend de façon brève mais concise quelle est la situation géopolitique du monde, à savoir l’opposition entre l’Empire et la Souveraineté de Nebulis. La narration est réalisée à la fois par Iska et Aliceliese, personnages principaux, chacun représentant une Nation, et énonçant leur objectif, celui de terminer la guerre entre les deux camps. Ce passage est sûrement la meilleure partie de l’épisode.

A la suite de ce prologue, de nouvelles informations nous sont données : Iska, après avoir sauvé une sorcière de Nebulis, a été rétrogradée au sein de l’armée de l’Empire ; de saint Apôtre de l’Empire, il devient un simple soldat.  Emprisonné pour son crime, il finit par être libéré un an plus tard dans le but de vaincre la puissante Sorcière des glaces funestes. Jusque-là, tout est compréhensible, rien à redire. C’est la suite qui pose plus problème…

Sans perdre de temps, l’anime nous présente les partenaires d’Iska. Membres de l’unité de défense spéciale n°7, ils ont chacun un rôle déterminé. En premier lieu, Jhin est un tireur d’élite. Avec Iska, l’épéiste, ils représentent le cerveau de l’équipe. Ensuite, il y a Nene, une ingénieure : dans une Nation fondée sur la technologie, c’est un avantage d’en avoir une à ses côtés. Enfin, la capitaine de l’unité, Mismis, est le personnage qui risque de diviser : pour certains, sa maladresse et son manque de perspicacité pourraient s’avérer attachants, avoir un petit côté moe ; pour d’autres, ils se demanderont comment elle a réussi à obtenir un poste aussi haut placé…

Toujours avec une rapidité impressionnante, à peine l’unité est-elle partie rejoindre leurs alliés qu’elle se fait attaquer en route par des mages (autre nom donné aux sorcières et sorciers). Quelques secondes après, ils croisent le chemin de la Sorcière des glaces funestes, Aliceliese (ou Alice pour faire plus court), et sa servante, Rin.

Après un combat rapide entre Iska et Rin, puis entre Iska et Aliceliese, place à une petite scène de fan service (c’est discret, tout va bien). Enfin, l’épisode se clôt sur les retrouvailles inattendues d’Iska et Aliceliese à l’opéra (le changement de lieux est soudain, c’est perturbant).

Ce qu’il faut retenir : les développements contextuels du début aident à la compréhension de l’histoire, mais la rapidité des scènes empêche de faire ressortir les émotions des personnages. Les transitions auraient pu être mieux faites. Qu’il s’agisse de la première scène où Iska délivre une sorcière ennemie, sa rencontre avec Aliceliese ou ses retrouvailles avec cette dernière, tout manque d’impact. Les combats sont bâclés car trop rapides.

Les effets spéciaux, qui permettent de voir en action la force astrale des sorcières, sont magnifiques. Quant aux techniques d’épées d’Iska, les mouvements sont fluides, mais rien d’impressionnant, c’est dommage. Or, la technicité des combats est un des points forts du LN…

Concernant le chara-design, il se rapproche de celui du LN. Néanmoins, certains fans de l’œuvre originale pourraient reprocher  à l’anime d’avoir vêtue Aliceliese d’une tenue peu flamboyante. Le décor est quant à lui plus que satisfaisant : les bâtiments métalliques sombres reflètent le caractère froid de l’Empire, une Nation fondée sur la technologie ; la forêt, une fois recouverte de glace, est magnifique.

Hors la voix de Mismis qui pourrait en déranger plus d’un, le chara-acting est impeccable. L’ending est chanté par Sora Amamiya, la seiyuu d’Aliceliese. 

Ainsi, si le premier épisode a été en mesure d’apporter tous les éléments essentiels à la compréhension de l’œuvre, l’émotionnel est quasiment absent. Il faut espérer que les prochains épisodes adopteront un rythme plus dosé, surtout pour les scènes les plus importantes.

Moja

Avec un trailer des plus charmants jouant davantage sur les silences, les regards, plans de caméra et la solennité de la séquence, Kimi to Boku no Saigo no Senjou m’avait envouté avant même qu’il commence…

Quelle ne fut pas dès lors la surprise en découvrant un anime au total opposé spirituel des deux premières vidéos promotionnelles : avec une tonne de discussions sans fond, des personnages trop maniérés, une juxtaposition de plusieurs clichés et enfin une rencontre sans superbe. Ne tombant pas dans l’excès pour autant, ce premier épisode n’est pas mauvais mais il a balayé tous mes espoirs ne laissant que des regrets.

Le comportement des personnages peut déjà étonner quand on découvre les dirigeants libérant notre jeune héros pour aller combattre une sorcière, cette même race qui lui avait valu la prison. Après un an d’emprisonnement, notre héros semble sortir d’une promenade de santé. Certes, il a perdu de son talent en combat, mais psychologiquement tout baigne et aucun moment dans ce premier épisode ne revient sur cette longue année qui probablement changerait tout homme. Ce dernier rejoint alors son équipe cliché au possible avec à sa tête une fille maniérée mais maniérée, élevée en tant que cheffe pour on ne sait quelle raison, qui montrera à s’en couper un bras, son talent caché ou sa double personnalité bien plus tard. L’univers n’arrive à nous intéresser que vers la fin quand est présentée la zone neutre, mais la chose n’est pas assez élevée dans ce premier épisode. L’anime préfère se focaliser sur des discussions inutiles tout en ne s’arrêtant pas sur des points que je juge importants.

Je voulais trouver (rigoler de moi) une forme de poésie dans ce premier épisode et en particulier dans cette rencontre, et finalement, ce face à face manque aussi bien d’originalité que de lettre dans son propos. Encore une fois ce n’est pas mauvais mais j’aurai apprécié voir un anime dans la droite ligne de cette séquence face à ce tableau accompagnée d’une musique empathique.

La dernière scène ressemble en effet presque à une séquence tirée d’une RomCom.

Pensant découvrir mon âme sœur de l’autre côté de l’écran, je n’ai vu que le triste reflet d’un anime se noyant sous une tonne d’éléments ordinaires et factices en oubliant de faire lustrer son univers et son duo central. Amour et consistance seront les deux colombes qui permettront à l’anime de prendre son envol mais encore faudra-t-il entrouvrir la cage et ne pas la napper sous un voile opaque.

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