Review – Deca-Dence Episode 02 : Go Original Production !

Comment rester muet après un tel épisode ? Waouh !

Deca-dence vient de réaliser ce que je n’espérais pas de lui : surprendre ! Dans cet article, j’ai envie de mettre en lumière le culot de cette œuvre, saluer encore une fois la magie des productions originales, également donner des pistes de réflexion sur ce que Deca-Dence compte raconter et enfin pousser un petit coup de gueule général. Et vous verrez que le projet et propos sont bien plus intéressant et animant que celui du premier épisode.

Deca Dence Kurenai

Je ne sais par où commencer…

Il ne faut pas analyser ce second épisode de façon isolée mais le mettre en lien avec le prologue. D’un côté, le premier épisode exprime la vision des humains et l’histoire de ce monde. Quels ont été les événements qui ont changé leur vie et leur quotidien. De l’autre, ce que j’appellerai ici les joueurs (plutôt que forme de vie extraterrestre ou autres dénominations). On découvre ainsi qu’une partie de la terre a été transformée « il y a longtemps » en un énorme terrain de jeu cloisonné par une sorte de bulle. On ne sait pas vraiment si les Gadolls ont été introduits par les joueurs ou si les joueurs sont arrivés après les Gadolls. 

Après ce premier épisode, on peut supposer que les humains n’ont pas connaissance de tout cela. Il y aurait une forme de secret fermement cultivé par les joueurs et un culte autour des Gears qui s’est enraciné au fil des années. Dès qu’un humain découvrirait le pot rose, il serait purgé s’il est découvert. C’est l’hypothèse la plus probable après avoir vu cet épisode.

L’entreprise Solid Quake définit cela comme un établissement de plaisir géant où jamais la déception n’est de mise. Pour les joueurs, ce n’est qu’un pur divertissement pour échapper à un quotidien morne où il n’y a pas de perma-death, seulement la mort de leur avatar. En revanche pour les humains, c’est leur survie qui est en question. Il y a beaucoup de parallèles à faire :

  • Exemple dans le premier épisode 90% de la population a disparu avec l’apparition des Gadolls
  • De l’autre 90% des clients sont satisfaits de cette expérience.

Le choix du même pourcentage n’est pas anodin et la façon de le dire est marquante. C’est un élément parmi d’autres. Pour les joueurs, les humains ne sont qu’une forme de bétails. Leur mort n’est pas dramatique, ils servent juste à rendre ce terrain de jeu plus réel et divertissant.

Et c’est dans ce champ maculé et où divers intérêt s’entrecroisent que Kaburagi est introduit. Kaburagi est un ancien top joueur déchu après qu’un de ses camarades ait désactivé son limiteur. Jugé anormal aux yeux de l’administration, il a été démonté. Kaburagi a mal vécu la perte de son camarade et la dissolution de son équipe pour responsabilité collective.

Je suppose qu’il vit maintenant dans ce monde sans réel but et qu’il obéit simplement aux ordres donnés. C’est là qu’il rencontre Natsume qui va bouleverser sa vision de ce monde. Il faut comprendre que cette relation est en quelque sorte atypique. En général, il y a peu d’échanges entre un joueur et un humain (je suppose). On remarque quelques exceptions comme Kurenai (la femme blonde combattante) et sa troupe affrontant aux côtés des Gears les Gadolls ou bien les humains travaillant dans Furie.

Pour les joueurs et Kaburagi, les humains ne sont rien à leurs yeux. Je suppose qu’en interagissant avec Natsume, il va mieux connaitre les humains et se prendre d’affection pour eux. Il va ainsi comprendre que ce jeu est absurde et que les joueurs doivent chérir beaucoup plus la vie des humains et non les ignorer. De l’autre, il va réfuter cette règle universelle qui est d’éliminer les bugs à laquelle tout le monde doit se plier. En le surprenant lors de son travail de nuit, Natsume aurait dû être purgée. Or n’apparaissant pas dans la base de données, elle fut épargnée. En découvrant cette jeune fille pétillante pouvant vivre tranquillement, Kaburagi veut réfuter le fait qu’un bug est une menace et que finalement ils ont tous une valeur.

Deca-Dence Episode 02 players

Pour l’instant, il est juste curieux et il ne se rend pas qu'en partie compte de tout cela. Mais par la suite, ses sentiments et introspections vont prendre forme et de là naitra la révolution contre les autorités régulatrices. En suivant le parcours de Natsume, il veut ainsi prouver que la purge de son ancien collègue était injuste et que cette règle est totalement arbitraire et infondée.

Tout cela n’est que supposition, mais ce panorama me plait beaucoup plus que celui qui se dessinait à la fin du premier épisode. En glissant ainsi, l’anime gagne une autre dimension et prend plus de hauteur qu’une simple critique de la société se déroulant dans un monde post-apo. Deca-Dence va également inciter le public à réfléchir sur le comportement des joueurs. En outre, l’anime devient plus singulier. Le premier épisode m’avait bien plu mais j’avais relevé tout de même une forme de classique. Ce second épisode change complètement la donne. Ce genre de propos croisé est plus rare et la manière de le dépeindre est tout à fait unique.

Et pourtant beaucoup ont critiqué ce volteface inattendu. Et il faut dire qu’il y en a ras le bol. Je suis d’accord qu’en terme de divertissement pur Deca-Dence 02 fait moins bien que le premier épisode. En revanche, c’est tellement plus enivrant et exaltant de voir un épisode de ce genre. La communauté critique le fait de voir tout le temps les mêmes sortes d’œuvres, or au moment même où un anime tente quelque chose de plus singulier, la majeure partie lui chie dessus -excusez-moi cette expression- sans honte aucune. J’ai vu les réactions sur les réseaux sociaux. « Oui, mais… » Fermez-là ! Les gens qui le droppent me font rire aussi. Pour ouvrir leur grande gueule, ils sont toujours les premiers au rendez-vous et ils sont toujours aussi les premiers sur la piste pour drop l’anime dès qu’il sort un peu des terrains battus. (Alors même que la plupart n’ont pas compris l’épisode). Comment voulez-vous que l’animation japonaise aille dans un sens meilleur avec ce genre de comportement ? Jeter l’anime comme un chiffon malpropre parce que ce n’est pas ce qu’on attendait de lui ? Très bien, c’est donc reconnaitre implicitement que ces comportements tendent à nous pondre toujours plus d’animes peu originaux. Il faut alors arrêter de dire tout et son contraire. Il faut être au moins honnête. Il y aurait beaucoup à dire ici mais je préfère en rester là…

Pour schématiser : d’un côté on a ce bon fast-food qui fait toujours plaisir et reste une valeur sure quoi qu’on en dise, puis de l’autre ce petit restaurant local faisant dans l’original, dont on ne sait pas trop si notre palet à la fin sera satisfait mais qui déroule une carte des plus inédits. J’aime tout autant l’un que l’autre malgré mes propos qui pourraient laisser supposer le contraire. La seule différence est que le second est nettement plus rare (de loin) et donc suscite plus d’attention et de ferveur de ma part. Je ne dis en aucune manière que l’anime sera extraordinaire. Le potentiel est plus important mais le risque tout autant. J’énonce simplement qu’il faut soutenir de telles initiatives et directions et non pas montrer notre dédain et inintérêt comme beaucoup le font, même si ces personnes n’ont pas de mauvaises intentions.

Je remercie d’ailleurs énormément Yuzuru Tachikawa, réalisateur de cet anime, et Hiroshi Seko, le scénariste. Ce sont à mes yeux les deux grands hommes dans l’affaire.

Pour en revenir à l’épisode, j’aimerai détailler en particulier quelques scènes. La première étant les obsèques des personnes mortes sur le champ de bataille. C’est au réalisateur de l’anime d’utiliser avec parcimonie cette ambiance guillerette et décontractée des joueurs cassant avec le ton plus dramatique de la condition humaine pour sensibiliser le public. Je pense qu’il y a une jolie perspective ici qui sera menée avec le trio de tête Kaburagi, Natsume et Kurenai (que j’adore déjà).

Deca Dence Natsume anime

Après, la direction intéressante prise pour concevoir les joueurs et leur monde coloré avec des formes simplifiées. Dans une telle œuvre, il aurait été tout à fait possible d’imaginer les joueurs d’une autre manière plus familière et plaisant au plus grand nombre. Or ce n’est pas le cas ici avec des dessins très enfantins. Il serait intéressant d’avoir une interview de Yuzuru Tachikawa sur cet aspect pour comprendre ce choix.

Ensuite tous les coéquipiers de Kaburagi ont été envoyés en redressement. Peut-être qu’on les retrouvera par la suite et qu’ils se rangeront éventuellement de son côté.

Enfin Natsume est toujours aussi fidèle à elle-même. Très expressive mais aussi innocente lorsqu’elle surprend Kaburagi de nuit. Le scénario surprend ici. Tout comme Kaburagi qui commence à s’ouvrir progressivement au côté de Natsume, je suis en train de tomber amoureux de ce personnage si vivifiant et entrainant.

En conclusion

J’ai bien aimé ce second épisode et je l’ai encore plus apprécié en me posant et réfléchissant un petit moment après le visionnage. Ce rebondissement dans la structure de l’œuvre apporte un vent nouveau sur cette saison, en particulier dans le panier des productions originales. En plus de le comparer comme certains à SnK et Kabaneri, on peut presque maintenant rajouter à l’anime une dimension de VRMMO à la SAO Alicization/Infinite Dendro et une pointe d’originalité rappelant le studio Trigger.

Je suis très enthousiasmé pour la suite et j’attendrai maintenant avec impatience les prochains épisodes. Un tel épisode n’arrive qu’avec les productions originales qui permettent une telle surprise vu que personne ne connait la suite. Et ça c’est unique quoi qu’on en dise. Cet épisode m’a d’ailleurs donné envie de suivre et commenter l’anime, chose que je ferai chaque semaine. On se retrouve donc la semaine prochaine pour une review plus ordinaire et je dis à très bientôt pour les autres avec une nouvelle review sur Re:Zero.

L’anime est disponible sur la plateforme de simulcast Wakanim

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