Review – Great Pretender : Dans le ciel de Singapour

Nous revoilà donc de retour pour parler cette fois du second arc de Great Pretender ! Cette arnaque est cette fois dans un contexte de course d’avions. Abbie étant au centre de l’intrigue, l’anime se propose de nous convaincre sur son passé et opte donc pour une approche moins loufoque que son introduction. La transition entre cet excellent début et cette suite aux abords plus sérieuse est tout droit le fil du précédent arc en termes de qualité et cela ne peut que nous réjouir.

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Par analogie à l’épisode 1 de la série, l’épisode 6 débute par sa scène de fin. Ce n’est certes pas aussi surprenant que le premier épisode qui lui brillait de par son atmosphère chaotique, mais ce sixième épisode a le mérite de nous indexer directement dans le vif du sujet. L’œuvre choisit de se montrer plus axée sur sa narration plutôt que de surfer sur divers retournements de situation anarchiques comme auparavant. Les expressions faciales sont un régal tandis que cette première vision du design des avions est porteuse d’espoirs avec une mêlée correcte entre la 3D et 2D.

Par la suite, l’épisode continue sur la fin du précédent. Comme l’on pouvait déjà s’en douter, Makoto est finalement mordu par le regret et décide de couper ses liens avec Laurent. Pour autant, les choses ne sont pas si simples. Cette première partie de l’épisode m’a encore une fois conquis en instiguant ce pseudo retournement à la vie normale alors qu’il ne s’agit guère de cela ; Laurent tire toujours les ficelles derrière. Le caractère honnête de Makoto avait été bien mis en évidence mais ce dernier ne pourra se dénouer de la situation. Cette partie est relativement sobre mais l’histoire se porte dessus juste assez et évite d’ennuyer.

Les arnaques des membres de la clique de Laurent ne touchent que les malfrats abusant de leur position pour commettre les plus grands torts. De par une arnaque rapide, Great Pretender a pu nous montrer un échantillon de ce que l’arc réserve. En effet, il s’agit cette fois-ci de paris sportifs. Sans aucune complication, l’arnaque a lieu, et si son caractère linéaire peut déplaire, il est excusé de par l’instauration fluide du background qu’il fait pour Abbie mais aussi pour Cynthia. L’anime prend au sérieux ses thèmes mais comme à la Lupin, un côté funky et drôle se retrouve.

Makoto se retrouve face à la duperie à laquelle il était sujet. L’antithèse faite entre la volonté de Laurent de le rendre arnaqueur mais son usage de la supercherie pour accéder à cette finalité est intéressante. Même les personnes que Makoto semble tenir en respect se voient finalement être dans la confidence et le manipuler. Il ne pourrait peut-être pas abandonner la voie d’arnaqueur dû à l’influence considérable de Laurent sur sa vie. Néanmoins, Makoto semble, sans s’y résigner complètement, simplement suivre le courant. Il est simplet et c’est par ce biais que le tout parvient à ne pas être ultimement odieux et même très comique. Ce début d’arc est solide et tend des promesses en termes de développement de personnages.  

L’arnaque doit être faite sur Sam, organisateur de tournoi de courses d’avion. Ce dernier fixe les matchs et se plaît à contrôler son monde de corruption. 

L’introduction à l’histoire est faite sans accroc et avec dynamisme en présentant les subtils plans de la ville de Singapour mais aussi les courses d’avion. Great Pretender a un style graphique exacerbé qui donne les couleurs avant même que le fond ne le fasse. Le fond pourrait paraître en retrait en comparaison mais la construction est assez solide en gardant un caractère divertissant.

Contraint à participer à l’opération, Makoto y joue un rôle principal. En effet, Sam ne se montre pas réceptif aux approches de Cynthia et semble même faire preuve d’une certaine misogynie. Sur ce point, sans trop approfondir sur le déroulement de l’histoire, sa structure était vraiment bonne. Nous sommes loin des surprises du début mais c’est finalement un mal pour un bien. L’histoire parvint à présenter l’amour inconditionnel qu’a Sam pour l’argent et le monde des paris pour finalement s’en moquer d’une manière des plus efficaces. J’ai trouvé le final poilant sur ce point. La tournure en dérision de Sam, tant sur sa philosophie en terme de « méchant » que sur sa politique de travail est ingénieuse. Si une arnaque a en effet pour but de tromper, réussir à user de ce caractère pour ressortir des aspects plus cherchés est un aboutissement louable. Cela nous permet de reconnaître aussi à Laurent une grande fourberie vu que ses moyens tirent parti des tares de ses victimes.

Enfin, comme mentionné plus haut, nous avons avec cet arc, une transition vers des histoires se proposant à développer les personnages de la clique à Laurent. Ici, il s’agit d’Abbie. Au terme de cette histoire, elle doit faire face à son passé. La course d’avion lui rappelle malheureusement les terribles événements de son enfance durant laquelle elle fut recrutée comme enfant soldat. Ayant participé à la guerre si jeune, ses traumatismes sont grands au point d’avoir montré des actes faisant preuve d’un syndrome de stress post-traumatique. Lewis, ex-pilote, ayant participé lui aussi à cette guerre au Moyen-Orient, dans le camp opposé, est lui aussi rongé par ses remords. 

Lors de la tentative d’Abbie de se venger de ce dernier, l’une des personnes responsables de l’Enfer qu’elle a vécu, elle est arrêtée par Makoto. Lewis souhaitait qu’elle le tue. Ses propos sont choquants et laisseraient paraître au premier abord qu’il ne regrette rien, mais personnellement, j’interprète le tout comme une réaction instinctive pour se protéger de ses actes passés. Agir ainsi et être la cible de la haine d’Abbie qui le tuerait serait comme une « libération » pour lui. Pour autant, ce n’est pas la direction choisie, grâce à Makoto en particulier. Ce dernier a su s’affirmer comme un réel soutien pour Abbie. Il ne la comprend pas et ne peut certes pas trouver les mots corrects, mais sa simple présence a réussi à être libérateur pour elle.
Finalement, Lewis s’excusa auprès d’Abbie, bien qu’il ne pourra rien changer au passé. Le thème de la vengeance est approché plus que correctement et nous laisse avec un message rédempteur.

En conclusion : Les courses d’avion et les femmes vont finalement de pair.

Les propos misogynes de Sam ont été durs à supporter mais le tout valait grandement la peine. Abbie en sortit grandie, et sa relation avec Makoto prit une tournant plus sain, les deux se considérant à présent comme réellement compères. L’arnaque et ses procédés restent de qualité, tandis que l’écriture des personnages est lui aussi au niveau. Ce second arc est à mon sens une réussite, bien que j’admets préférer le côté surprenant du premier. Aucune baisse de régime en vue. Le troisième arc quant à lui est centré sur Cynthia et avec lui, le côté mature et romantique qu’on attribuerait au personnage est au rendez-vous. Je vous remercie de votre lecture !

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