Review – Great Pretender : Il neige sur Londres

great pretender cynthia

C’est parti pour le troisième arc. L’escroquerie nous amène cette fois dans un premier temps… en France, à Nice ! Edamura, ou encore Edamame comme Laurent se plaît à appeler Makoto, tente encore une fois de couper les ponts avec le groupe pour mener une vie honnête. Malheureusement pour lui, c’est encore une fois un échec, quand il est à deux doigts de démissionner d’une échoppe de sushis japonais dont le propriétaire est ironiquement chinois. Laurent et Cynthia observent la situation en attendant tranquillement qu’il revienne à eux, croyant durs comme fer que sa place est dans leur groupe d’arnaqueurs. On peut entendre à plusieurs reprises dans certains épisodes de cet arc du français, et comme nous l’avait déjà prouvé le premier épisode de la série, le doublage, même hors-japonais est d’une qualité exemplaire.

Alors que jusqu’à présent, les arnaques ont été initiées par Laurent, pour une fois, ce n’est guère le cas. Makoto est le responsable de leur implication dans cette escroquerie ! En effet, tout part de raisons personnelles. Il tient à aider les gérants d’une auberge. Ces derniers l’ont grandement aidé et se sont montrés extrêmement généreux à son égard, sans attendre quoi que ce soit de lui. De plus, il est irrité par le comportement de Coleman, un anglais arrogant. Aidé d’Abbie et de Cynthia, il refourgue à Coleman un tableau des gérants de l’auberge, contre quelques milliers d’euros. L’arnaqueur se trouva arnaqué étant donné que le tableau vaut en réalité plusieurs millions d’euros.

Jusqu’à présent, l’on aurait pu croire que Makoto était celui qui serait encore une fois mis en avant dans cet arc. Mais c’est finalement Cynthia qui prend les choses en main. Ce n’est rien d’extraordinaire mais j’ai apprécié sa mise en évidence croissante durant l’épisode et même dans l’arc précédent. Le ton de l’arc avait su être donné dès les premières minutes de l’épisode 11. Une discussion simple entre Laurent et Cynthia mais qui débordait d’une certaine sensualité accompagnée de mélancolie.

Quand je vois un personnage comme Cynthia, je ne peux m’empêcher de penser à Mine Fujiko de la franchise Lupin the third. Elle est une vraie femme fatale, et comme l’on s’en doutait déjà étant donné le type de personnage, son histoire est intrinsèquement lié à l’amour. C’est classique, pour autant, c’est cela qui rend aussi charmant le personnage et son traitement au cours de l’arc. « Los Angeles Connection » marchait de par son avalanche de rebondissements et son côté farfelu. « Dans le ciel de Singapour » mêlait quant à lui toujours cette touche farfelue brillante avec un drame relativement conséquent. Enfin, « Il neige sur Londres » a baissé au plus l’aspect loufoque, pour avoir une atmosphère mature, languissante et emplie de regrets. Les couleurs chaudes qu’on avait pu voir à Singapour et à LA ont totalement laissé place à une palette au ton drastiquement moins éclatant laissant transparaître le sérieux de l’arc.

L’arnaque consiste cette fois à reprendre le tableau et le revendre à Coleman pour une somme indécente. Le plan est simple. Coleman use de Fara, PDG d’une entreprise de mode. Cette dernière est éperdument amoureuse de lui, malgré le fait qu’il n’a d’yeux que pour sa richesse. 

Cynthia et Laurent réussissent sans mal à gagner le tableau aux enchères, provoquant la colère de Coleman envers celle qu’il considère comme son porte-monnaie.

Avant de parler en détail de la place qu’occupe Cynthia dans cet arc, je tiens à aborder d’abord Fara. Amoureuse de Coleman dont leur relation est de longue date, en tant que spectateur, on ne peut qu’éprouver de la pitié pour elle. L’arc se veut clairement traiter comme il le peut les relations amoureuses. Dans son cas, il s’agit d’une relation toxique. Au fond d’elle, Fara a conscience que Coleman n’éprouve aucun sentiment à son égard. Cependant, il est son soutien émotionnel et n’ayant pas conscience en elle, elle se plaît dans les mensonges qu’il porte à son oreille. Il abuse d’elle et trouve les mots pour qu’elle s’entiche toujours plus de lui. J’ai trouvé que l’anime a fait un travail correct dans la présentation de ce couple. Si Coleman est directement présenté comme une personne odieuse et hautaine, Fara semble être gentille mais quelque peu faible d’esprit. L’écriture de leur relation n’est pas profonde (et l’arc ne se prétend pas à la rendre ainsi), mais la mise en scène rend le tout convaincant en la dénonçant par une tournure en dérision. 

Comme Laurent l’a si bien dit, « Elle le sait, mais choisit de l’ignorer. C’est ce qu’on appelle le misérable cœur d’une femme. ».

Avec Fara, nous avons un ton qui est donné. Mais qu’en est-il du ton principal, que nous retrouvons avec Cynthia et son ancien amant, Thomas ? Seuls les mots charmant et romantique me viennent en tête.

L’histoire se passe à Londres, Thomas et Cynthia se rencontrent et se rapprochent petit à petit au point de finalement sortir ensemble. Les deux se supportent mutuellement. Thomas cherche à devenir un grand artiste peintre tandis que Cynthia vise une carrière cinématographique. Rien qu’en résumant leur histoire, on se rend compte d’à quel point c’est adorable. C’est un type d’histoire classique, et jamais Great Pretender n’essaie de lui enlever cet aspect.

Au contraire, l’œuvre utilise ce caractère classique pour nous émouvoir. On se plaît à observer leur relation. Que ce soit par la musique mélancolique présente dans les pans de leur récit ou encore la mise en scène montrant sans excessivité et prétention leur vie de tous les jours, le tout est prenant et doux. J’ai pu dire dans mes précédents écrits que la direction artistique par sa forte présence réussissait même à prendre le dessus sur les scènes, cependant, ici, elle s’y accouple sincèrement. Le jeu de luminosité couplé aux couleurs froides est maîtrisé encore plus que dans les deux arcs ayant précédé. Le plongeon dans leur idylle est une réelle réussite. Instaurer si bien leur romance n’a pu que permettre encore mieux de mettre en relief le contraste avec leur version présente.

Coleman les a divisés. Thomas s’est pris dans le jeu lancé par le critique d’art et dessina des contrefaçons. Cynthia n’approuvait pas la situation et ne reconnaissant plus son cher et tendre, leur relation finit sur une note triste. 

Makoto retrouva Thomas pour Cynthia en vue de l’embaucher pour réaliser la contrefaçon du tableau, pièce maîtresse de leur arnaque. Thomas refusa initialement de participer, mais Makoto sut trouver les bons mots pour le convaincre. En effet, il dessina pour Cynthia, en vue d’essayer de peut-être retrouver la joie passée, même si ce n’était que pour un court instant.

Son but était tellement honnête que Makoto ne se sentit pas le cœur d’échanger le tableau original contre la contrefaçon réalisée par Thomas. Il y avait mis trop de cœur pour que Makoto l’abandonne à Coleman. L’arnaque avait beau avoir été finalement une transaction légale, ils ont accompli avec brio leur but de plumer Coleman. Par l’intervention d’Abbie et son majordome, Fara put être sauvée. Le majordome de Fara a pu la sortir de cette relation qui ne faisait que la nuire et Coleman se retrouva finalement seul. La détresse de Fara et son acceptation de la situation furent un des points ayant rendu encore plus poignant le revers que subit Coleman.

Tout semble bien finir. Cynthia et Thomas discutèrent dans le café où ils s’étaient rencontrés. Le temps a passé mais on put avoir un brin de leurs jours heureux par ce rapide échange. Ils ne peuvent évidemment pas se remettre en couple, mais ils ont pu mettre un point sur leurs sentiments et clore leur relation correctement. Elle put redevenir un joyeux souvenir plutôt que le souvenir tâché qu’il restait à cause de Coleman.

Enfin, le mystère plane sur Laurent. Il a été en retrait durant cet arc mais Cynthia émet l’hypothèse qu’il avait tout prévu. Ce personnage énigmatique à la voix suave de Suwabe Junichi ne saurait que nous laisser avec plusieurs questions.

En conclusion : Il neige sur Londres mais le cœur est finalement léger.

Je crois que des trois arcs, ce dernier est mon favori. L’écriture est simple et l’œuvre n’essaie pas de faire de l’original mais il s’agit de cette simplicité et ce côté classique qui ont su rendre le tout plus attachant. Le visuel se calme avec l’histoire pour proposer un contenu qu’on attendait pas dans cet anime. Cynthia nous a totalement transporté dans son univers. Le prochain arc et dernier devrait porter sur Laurent. Les couleurs chaudes seront au rendez-vous et la direction artistique gagnera certainement encore plus d’intensité.

Partager sur :
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments