Avis – Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques

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Déjà deux ans que Violet Evergarden est sorti…

Bien que la communauté se soit embrasée sur la série de 2018 très bien reçue et à l’inverse attristée pour l’incident de KyoAni, la majorité des fans ne semble pas au rendez-vous pour ce film, ce qui me chagrine beaucoup. Pourtant Violet Evergarden – Éternité et la Poupée de Souvenirs Automatiques est un bon film qui rappelle que les productions du studio Kyoto Animation sont toujours aussi soignées et touchantes.

Ce film d’animation se base sur le roman Violet Evergarden Gaiden de Akatsuki Kana. Il s’agit de l’adaptation de la deuxième histoire nommée Éternité et la Poupée de Souvenirs Automatiques.

Tout d’abord, ce film est une histoire parallèle à la série télévisée. Il est composé de deux arcs d’une durée approximative de 45 minutes chacun. Ce film peut s’entrevoir comme un stand-alone et être une jolie porte d’entrée sur l’univers. Toutefois, je conseillerai tout de même d’avoir vu la série télévisée, au moins les premiers épisodes, avant de voir ce film à la fois pour être plus impliqué dans l’histoire et également pour saisir les références et liens explicites ou sous-jacents présents dans ce film. Beaucoup de personnages importants sont notamment présents dans le second arc.

Cette histoire se centre sur Isabella York, une jeune femme que Violet rencontre alors qu’elle travaille en tant que poupée de souvenirs automatiques. Dans le premier arc, Violet va travailler pour Isabella et devient sa tutrice pendant trois mois pour lui apprendre les règles de bienséance en vue plus tard d’épouser un noble. Le second arc se situe quelques années plus tard et a pour but de traiter un sujet complémentaire à l’histoire d’Isabella et de clore l’intrigue.

L’histoire des deux arcs reste relativement simple. Aussi bien l’évolution de la relation Violet/Isabella que la manière de déblayer progressivement son passé mystérieux, restent très classiques et il ne faudra pas s’attendre à une histoire dépaysante.  

Violet Evergarden Film Nene Eternité et la poupée

C’est probablement l’une des histoires les moins originales parmi celles de Violet Evergarden. Il n’en reste pas moins que cette histoire réussit à nous entrainer et à nous toucher. Le paysage dressé reste moins abattant que d’autres épisodes, le ton est un peu plus léger. Bien que poignante, l’histoire n’est pas aussi larmoyante que d’autres arcs de la série.

On relève toujours la présence de certaines touches de drama superficielles, comme le fait que Isabella soit de constitution fragile. En quoi, cela a contribué à l’histoire et à la relation contée dans le film ? A part rajouter un élément pour que le public s’apitoie encore plus sur son sort, je l’ignore.

La relation entre Isabella et Amy, la fille qu’on aperçoit dans son passé, est bien construite et profonde. Cette douce séparation au goût amer est très jolie. La narration joue bien son rôle. L’histoire se déleste de pas mal de développements anecdotiques pour réellement se focaliser sur ces deux filles et leur relation. Exemple avec la famille de Isabella, où on sait très peu de choses. Mais c’est bien pensé pour concentrer les regards sur le lien de ces deux jeunes filles et non pas favoriser des développements subsidiaires qui auraient alourdi le film et modifié son propos. 

Violet Evergarden Film Eternité et la poupée Amy

Violet Evergarden ose le format long. Le titre s’en tire plutôt bien sur cet aspect. Le premier arc et le second, séparé par une ellipse, changent en grande partie de personnages et de décors pour redonner du rythme. Tandis que le premier est un peu trop rapide à mon sens, le suivant est plus posé

J’ai beaucoup aimé la construction des deux parties qui font écho sur pas mal de séquences précises ou idées telle que la complémentarité entre l’écriture d’une lettre et sa livraison. La série télévisée n’avait pas adopté un tel point de vue. Ici, les deux semblent sur un pied d’égalité, aussi bien l’importance d’écrire une lettre que de la faire parvenir. On apprécie d’ailleurs suivre Benedict, le livreur, qui fait même l’objet d’un léger développement.

Violet Evergarden Film Nene Eternité et la poupée

Car effectivement, excepté cela, le film se détache de l’intrigue principale. Le premier arc se situe en plein milieu de l’anime (Violet essaie toujours de comprendre ce qu’est aimer), alors que le second se déroule lorsque la guerre est déjà finie. On ne ressent ni une évolution de Violet dans sa quête de la signification de l’amour, ni même une avancée dans l’histoire principale

Même si Violet est très présente dans le premier arc, on n’assiste pas à sa croissance. On remarque seulement le changement apporté par quelques-unes de ces aventures passées. L’éclosion de Violet était ce que j’appréciais le plus voir dans la série télévisée et on ne ressent pas cette évolution dans ce film (logique). Il est évident qu’à cause de cela, le film a moins d’attrait que la série.

Le travail de Kyoto Animation reste toujours très bon. Aussi bien sur la direction artistique, la réalisation, la précision des détails, l’animation (…) tout est réussi. Le seul reproche pointilleux serait les quelques touches de CGI qui n’arrivent pas à la cheville de la 2D sur certaines scènes, mais il faut vraiment chercher des défauts pour s’en rendre compte. Le travail fait est semblable à celui de la série télévisée qui était déjà exceptionnel. On peut citer des détails caractéristiques qui nous font toujours autant plaisir. Le regard des personnages est toujours aussi profond et percutant. KyoAni rime également avec time lapses et il y en a suffisamment pour trouver son bonheur. Plusieurs scènes sont magnifiques comme le bal ou bien la séquence dans le bain. De plus, la bande-son est toujours splendide.

Conclusion

Note :
8/10
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Ce film n’est pas un indispensable pour comprendre la série. Mais à l’image de chaque lettre envoyée, toutes les histoires de Violet Evergarden contiennent une forme d’amour et restent agréables à découvrir. Ce film magnifiquement bien réalisé ne déroge pas à la règle et propose une histoire, certes simple, mais efficace et touchante. La fin laisse ce petit goût aigre-doux, qui nous avait tant manqué, avec pour une fois une saveur sur le palet davantage sucrée.
Moja
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