Test – Animal Crossing New Horizons

Battant un peu plus tous les records chaque jour, Animal Crossing New Horizons est le jeu incontournable de ce début d’année. Bien qu’un peu vide en termes d’exclusivité, Nintendo se rattrape sur ce premier trimestre avec ce titre proposant au joueur de partir sur une île paradisiaque afin d’oublier tous ses soucis de la vie quotidienne.

Bienvenue sur une île idyllique au rythme nonchalant

Animal Crossing a toujours été une licence avec une atmosphère « feel good ». Ce titre ne déroge pas à la règle et emmène le joueur dans un cadre encore plus relaxant qu’auparavant. Dans cette formule évasion, le joueur se retrouve sur une île vierge avec deux habitants désignés aléatoirement, Tom Nook et Méli Mélo. La nature y est luxuriante, les cours d’eau et étang rafraîchissants et la faune abondante. Ce petit coin unique détaché de tout est laissé à vos soins. Selon vos choix vous pourrez décider de créer une ville urbanisée, un village traditionnel japonais ou bien conserver cet esprit naturel.

Même si le jeu laisse paraître des possibilités infinies, il conservera une trame centrale afin de vous aiguiller dans le développement de votre île. Dans la première semaine, l’idée sera de construire les bâtiments essentiels tels que le musée, la boutique des tanukis, agrandir l’office et accueillir plus de monde. Par la suite, il faudra développer votre île et la rendre la plus touristique possible afin d’attirer le célèbre Kéké. Pour se faire, il faudra accueillir toujours plus de monde, construire des ponts et rampes, poser divers éléments de décors etc.

Si ce découpage de phases distinctes est intéressant et permet de faire évoluer notre île étape par étape, il est beaucoup trop normé et imposé au joueur. Dit autrement sur la première semaine, le joueur se retrouvera au moins 4 jours sur 7 à ne faire quasiment rien du tout excepté profiter des propositions rudimentaires de son île.

C’est problématique car chaque individu n’a pas la possibilité de jouer à Animal Crossing quand il veut au jeu et d’attendre forcément, surtout quand il travaille en semaine. Imposer ce rythme trop lent tout à fait compréhensible vu l’esprit d’Animal Crossing dérangera plus d’un. Dès lors, énormément de joueurs ont modifié et modifieront leur horloge interne parfois une ou bien plusieurs fois, comportement tout à fait compréhensible et non reprochable. Tandis que le joueur souhaite construire son île, débloquer plus d’activités (…), le jeu bride son avancée de manière un peu trop importante et ce dès le premier jour où au bout de 2h on a fait le tour de l’île. C’est la même chose pour la seconde semaine et il faudra donc compter au moins une quinzaine de jours pour débloquer toutes les possibilités de customisation de son île.

D’un côté, le jeu impose un rythme lent et de l’autre il permet de tricher. Selon moi, la tournure de la chose n’est pas la bonne. La proposition juste aurait dû être un jeu qui met en place un rythme posé, sans être trop élongé et contraignant, puis à côté interdire la triche qui n’aurait plus d’utilité et vue comme contre-productive à l’esprit du jeu. Sur ce point pas d’évolution des mentalités, comparé aux précédents titres.

Sans surprise, Tom Nook – le vandale – proposera à notre personnage d’agrandir sa maison contre une certaine somme à rembourser plus tard. C’est un classique d’Animal Crossing. Le remboursement peut se faire au fur et à mesure de notre progression ou bien de manière focalisée et déterminée en récoltant le plus rapidement possible des clochettes.

Profiter de la nature et de l’extérieur

L’environnement présenté dans cette version Switch est très joli et soigné sur les textures. Notre insulaire pourra comme d’habitude s’adonner à la pêche, la capture d’insectes et la recherche de fossiles. En effet, un des « objectifs » d’Animal Crossing est de compléter entièrement le musée. La faune change chaque mois et reste dépendante des saisons comme dans la vraie vie. Cela permet de renouveler légèrement et constamment l’expérience de jeu tout au long de l’année.

Dans New Horizons, le musée est extraordinaire. Un travail de réflexion a été mené afin d’en faire le plus bel endroit de l’île. La première découverte de ce lieu et de ses parties est une expérience fantastique, surtout quand on a joué aux précédents épisodes. L’envie de compléter entièrement son musée est avivée.

A l’instar des épisodes précédents, notre villageois pourra défricher son île, planter toute sorte d’arbres et de fleurs. L’hybridation des fleurs est toujours d’actualité avec une petite dizaine de variétés. Un peu plus d’arbres fruitiers n’aurait pas été un mal, mais ce n’est pas dérangeant pour autant d’être limité à 6 sortes de fruits.

Pour modeler son île plus facilement, New Horizons permet de déraciner entièrement un arbre pour le planter à un autre endroit en mangeant un fruit. Cette drogue sucrée permettra également de détruire des rochers plus facilement. Un très léger ajout mais chaleureusement accueilli. 

En plus de notre île en elle-même, l’insulaire en quête d’aventure et de nouveaux horizons pourra voyager grâce à la compagnie Dodo Airlines vers d’autres îles paradisiaques. Ces dernières sont générées aléatoirement et sont suffisamment variées, au nombre approximativement de quinze. Le joueur peut récupérer toute sorte de matériaux, poissons, insectes, fleurs, arbres fruitiers différents de ceux sur son île et même rencontrer de futurs voisins qu’on pourra inviter sur notre magnifique île. On ne serait pas contre des DLC ou mises à jour qui augmenteraient le nombre d’îles au fil de l’année.

Une île chaleureuse et vivante

Avoir une île exclusivement à nous est sympathique mais inviter d’autres insulaires n’ayant nulle part où aller est encore mieux. New Horizons ne lésine pas sur leur nombre car c’est plus d’une centaine de noms qui existent dans le jeu en plus des personnages spécifiques. Ils ont tous leur personnalité et design propre. Notre île peut accueillir dix habitants. C’est à nous alors de gérer comme bon nous semble la population sur notre belle île.

Même si au premier abord, on pourrait penser que leur présence ne sert pas à grand-chose, il n’en est rien. Le cadre est tout d’abord différent et plus convivial. Parfois ils nous abordent spontanément, nous offre des plans de bricolage, des objets, des expressions etc. Occasionnellement, des disputes se créent ou des liens se créent autour d’une discussion. Les relations sont très authentiques et spontanées. Les discussions sont étonnamment variées et plaisantes à écouter.

Au-delà de ces personnages, des personnalités uniques apparaissent certains jours ou pour certaines circonstances. La marchande de navets, un organisateur de tournoi de pêche, un fan d’insectes, un vendeur d’accessoires etc. La mise à jour de pâques a introduit un nouveau personnage spécial avec tout un tas de nouvelles choses à faire comme chercher des œufs et construire de nouvelles choses.

De Robinson Crusoé à bâtisseur hors-normes

C’est la grande nouveauté de New Horizons et sans surprise une continuité logique.

Tout d’abord au bout d’une bonne quinzaine de jours, le joueur pourra débloquer le terra forming qui lui permettra de moduler le terrain de son île comme bon lui semble. Création de points d’eau, augmentation de la hauteur d’un terrain, modification de la nature des chemins (…), les possibilités sont incontestablement illimitées surtout avec les motifs personnalisés.

En plus de cela, Animal Crossing New Horizons ajoute le crafting. En possédant les matières premières ou matériaux requis, notre insulaire plein de talent pourra créer toute sorte d’objet. Pour ce faire, il aura dû au préalable apprendre le plan adéquat. Afin d’obtenir ces plans, plusieurs solutions sont proposées au joueur. On peut les acheter dans la boutique, parler aux habitants, ramasser des bouteilles à la mer, éclater les ballons dans le ciel, les recevoir par courrier ou plus simplement acheter l’objet en question, qui potentiellement pourra être construit ensuite. Parmi eux, certains peuvent être « personnalisés », c’est-à-dire qu’on peut modifier leurs couleurs pour que l’objet s’agence mieux dans l’environnement qu’on souhaite créer.

Il sera souvent nécessaire de construire car nos outils essentiels tels que la hache, la pelle, la canne à pêche (…) auront une utilisation limitée et finiront par se casser. Même si cette idée donne plus de réalisme à l’œuvre, cet ajout entraine beaucoup de frustration et nous oblige de manière fréquente et robotisée soit à recréer l’objet/le racheter ou le personnaliser pour remettre les compteurs à zéro de l’objet en question.

Cette boucle sans fin n’est pas spécialement agréable et s’oppose un peu à l’esprit très reposant d’Animal Crossing. Pour parler de mon cas, chaque jour je personnalise deux fois mon arrosoir (car j’arrose beaucoup mes fleurs afin que leur beauté s’épanouisse) et une fois ma pelle, même si cela prend peu de temps, ça n’en reste pas moins énervant et lassant.

Si l’interface des plans est très simple et compréhensible, la manière de créer est parfois consternante. Cela arrivera à tout le monde. Pour des raisons spécifiques, on voudra créer plusieurs fois un même objet et là encore, devoir le faire un par un est très frustrant et en plus une perte de temps.

La personnalisation de son chez-soi et les quelques soucis du jeu

En plus de faire évoluer notre île, les développeurs ont essayé de rendre la modification de notre intérieur plus intuitive et simple avec un interface spécial. Si cette nouveauté est une bonne idée et nous rend la tâche plus aisée, c’est encore un peu trop complexe et en retard sur son époque. Aujourd’hui, de nombreux jeux introduisent de tels mécanismes et interfaces, et beaucoup s’en sortent mieux que celui d’Animal Crossing.

Pareil pour la Terraforming, il faut le faire case par case. Idem, pour notre inventaire, on peut déplacer nos objets mais on ne peut pas les trier… C’est tout bête et pourtant ces possibilités n’y sont pas.

Poser les fondations d’un bâtiment ou d’une infrastructure se fait trop à tâtonnement et à la place de prendre cinq secondes, la chose nécessitera souvent plusieurs tentatives. Si la réunion dans notre inventaire de certains objets comme les fruits est permise, pour d’autres c’est impossible comme les poissons, insectes, fleurs (…) ou palourdes. Sur énormément d’aspects, le jeu ne nous simplifie pas la vie. En plus de cela, Animal Crossing reste toujours assez verbeux sur certaines situations ne le nécessitant pas et parfois avec des temps de chargement trop longs pour leur but (exemple le musée et les changements de pièce…).

Autre consternation bien plus polémique : par console, seule une île est possible. Animal Crossing reste cramponner à une formule désuète favorisant une société de consommation ou des conflits familiaux entre frères et sœurs. J’exagère mais la chose est véridique. Comparé par exemple à Pokémon où chacun peut avoir sa propre partie avec son compte, modernisant l’approche ancienne du jeu qui avait toujours été unitaire, Animal Crossing n’a aucune volonté de renoncer à cela et compte bien nous faire suer jusqu’à la fin. Je comprends leur vision archaïque mais je ne la tolère aucunement. Je l’exècre et la dénonce. Cette vision familiale du jeu revendiquée est tronquée et fausse.

Les Miles et le multijoueur

En parallèle des clochettes, Animal Crossing New Horizons intègre un nouveau système de points : les Miles. Ces derniers permettent d’acheter divers objets tels que des plans, des bâtiments importants ou encore des tickets escapades. Si on pensait s’ennuyer dans le jeu, cet ajout augmente le nombre de choses à faire. Plusieurs objectifs fixes inscrits dans l’application Nook Miles et une fois accomplis, le joueur est récompensé par un certain nombre de Miles. Ces objectifs peuvent être très simple comme planter pour la première fois un arbre fruitier ou nettement plus long à réaliser comme pêcher 100 poissons d’affilés sans raté sa prise.

En plus de cette gratification, le joueur peut réaliser des mini objectifs hebdomadaires se renouvelant sans cesse automatiquement tels que parler aux villageois, vendre des objets, arroser des fleurs, couper un arbre (…) pour gagner d’autres Miles. Ainsi les choses à faire sont nombreuses sur cette île. Cette application Nook Miles a tout de même pour effet d’éventuellement emprisonner le joueur dans un cercle pas forcément sain, rappelant certains jeux mobiles nous inondant sans cesse de petits objectifs à réaliser.

Pour terminer, il est obligatoire d’aborder l’aspect multijoueur online du jeu. Le principal intérêt est de pouvoir visiter les îles des autres et ouvrir la sienne. Si l’expérience est intéressante et conviviale, aller sur les îles des autres perdra rapidement une partie de son intérêt car à l’exception de quelques activités comme pêcher sur un hémisphère opposé au sien, récupérer des fruits, fleurs, aider son hôte (…), on perdra un peu cette envie d’aller chez l’autre excepté pour visiter son île. L’online peut être rapidement frustrant quand des gens arrivent en nombre chez nous ou partent mettant à chaque fois en pause le jeu avec un temps de chargement pour tout le monde.

Quoi qu’il en soit le multijoueur est indispensable pour avoir des objets, fruits, fleurs que l’on n’a pas de base dans notre version et il facilite grandement l’obtention de certains produits qu’on n’arrive pas forcément à avoir par manque de chance.

Conclusion : L'escale apaisante idéale pour ce début d'année

PLUS

+ Un environnement idyllique relaxant et très joli

+ Un nombre encore plus important d’activités à faire

+ Le système d’objectifs à court et long terme

+ L’ergonomie améliorée et l’interface de personnalisation de sa maison…

+ Les interactions avec les habitants toujours aussi agréables et diversifiées

+ Crafting, terraforming et personnalisation

+ Les mises à jour du jeu

MOINS

– Un rythme de début de jeu lent et imposé au joueur

– La possibilité de tricher

– La durabilité des outils créant une frustration

– …mais avec toujours d’énormes soucis

– Le multijoueur online un peu décevant et limité

– Une seule île par console

Note :
8.5/10
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Animal Crossing New Horizons est la suite naturelle et tant attendue par les joueurs. Avec l’arrivée du crafting et de la personnalisation toujours plus poussée de son île, le titre gagne en intérêt. Le cadre cette fois-ci proposé est probablement encore plus reposant qu’auparavant. On se plait à aménager notre île et s’adonner à toute sorte d’activités. Plusieurs défauts sont à relever mais le principal selon moi est cette problématique contraignante d’une seule île par console. En 2020, camper sur de telles positions est inexcusable. Le jeu a une durée de vie magistrale renouvelée au fil des saisons et des mises à jour. En toute honnêteté, il sera difficile de s’éloigner de ce titre envoûtant qui prendra facilement beaucoup de place dans notre vie quotidienne.
Moja
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