Test – Giraffe and Annika

Une aventure pleine de délicatesse et de poésie semblable à des contes populaires, c’est avec cette vision du jeu que je me suis penché sur Giraffe and Annika. Les histoires longues et connues ne sont pas forcément les meilleures et il arrive parfois que ce petit livre dissimulé par d’autres prenant la poussière sur notre étagère, nous fasse ressentir des émotions comme aucun autre…

Version de presse délivrée par Koch Media, merci à eux.

Une mélodieuse partition avec de jolies notes mystérieuses

Le jeu s’ouvre par une introduction sommaire avec un défilement d’images prenant fin par le réveil de Annika dans un monde fantastique. On comprend alors que ce personnage est amnésique et qu’une distinction doit être faite entre le monde vu en introduction et celui que nous allons explorer tout du long. Entre événement passé, téléportation, transposition dans les souvenirs de quelqu’un d’autre, songe et autre (…) difficile de savoir précisément ce qu’il en est. Mettant de côté ce prologue, le joueur se plonge dans cet univers et se laisse bercer par les événements. Très vite, une personne nommée Giraffe nous confiera une mission que nous sommes la seule à accomplir. Ainsi débute l’aventure de Annika !

L’histoire est bien ficelée. Le joueur découvre progressivement quelques indices sur ce monde sans pour autant tout comprendre. C’est seulement vers la fin que tous les éléments s’emboitent et que les hypothèses sont avérées. J’ai beaucoup aimé le script et cette façon de faire vivre cette aventure plus que de la noyer sous des discussions futiles. Des notes mélancoliques et affectueuses sont imprimées dans cette histoire qui ne vous laissera pas insensible.

Un chaton égaré

Pour accomplir cette quête, Annika devra venir à bout de plusieurs courts donjons ainsi qu’aider les habitants de l’île et résoudre tous les mystères. Le rythme du jeu est disparate avec des phases prenantes et à l’inverse plusieurs temps léthargiques. La progression du jeu est quasiment linéaire. Tandis que les donjons ou bien la dernière ligne droite sont assez excitants, plusieurs quêtes de l’île consistant à aller d’un point A vers un point B sur l’île sont nettement moins appréciées. Il n’est pas impossible que le joueur se retrouve à faire des allers-retours incessants dans le jeu pour accomplir sa quête ou bien plus communément car il est perdu. Soit un élément n’a pas été saisi, soit un dialogue n’a pas été lancé bloquant l’avancée du jeu ou bien car les explications sont nébuleuses.

D’un côté, cela force le joueur à réfléchir et parfois trouver la solution, de l’autre on peut émettre des doutes sur la pertinence d’introduire une telle difficulté sans parure rappelant d’anciennes quêtes vidéoludiques facilement irritables. Les objectifs sont relativement simples et peu recherchés : parler à une personne, trouver un objet, résoudre une petite énigme etc.

Un petit terrain de jeu plaisant

Notre petit chaton ne possède pas de griffes et il faudra avancer avec prudence dans ce monde. Excepté dans les donjons et sur quelques phases, les périls sont absents et l’exploration se fera tranquillement. Ce petit archipel réserve tout de même plusieurs surprises et conserve un relatif attrait. Plusieurs quêtes et énigmes annexes ou liées à l’histoire sont disséminées un peu partout, donnant envie d’explorer chaque recoin de l’île. Sans aucun doute, le plaisir de découvrir de nouvelles zones est clairement présent.

En plus de tout cela, 30 artworks/dessins sont à trouver un peu partout dans le jeu. Certaines tenues sont à débloquer et 33 achievements sont présents. Malgré cela, le contenu du jeu est très pauvre. Il vous faudra maximum 7-8 heures pour terminer le jeu à 100% et seulement 4-5 heures pour l’histoire. Le prix du jeu semble sans aucun doute disproportionné par rapport au contenu.

Un chaton non de race…

Simple, accessible, épuré ne veut pas dire non recherché. En jouant à Annika and Giraffe, on a cette triste impression de voir un jeu qui manque de caractère.

Le jeu aligne les nouveaux pouvoirs très decevants tels que le saut ou la course, mouvements qui nous semblent naturels, innés et qui devraient être présents dès le début de n’importe quel jeu d’action ou bien absents tout le long. Le level design ainsi que le gameplay sont presque biaisés, pas recherchés en créant des obstacles ou mécaniques factices. Au final, le jeu n’est qu’un triste plate-former où l’on doit sauter, éviter les ennemis et courir sans aucune nouveauté ou élément titillant notre intérêt (excepté une dans le 4ème donjon qui m’a bien plu).

Au côté de cela, on trouve des phases de tir redondantes avec le lapin chasseur et des séquences de rythme très sympathiques face à l’antagoniste du jeu. Ces dernières sont présentes à chaque fin de donjon, avec sélection de plusieurs difficultés. Dans l’ensemble, ce sont les séquences de gameplay qu’on appréciera le plus. 

… au pelage non soyeux

Le jeu a été testé sur switch et en toute franchise aussi bien sur dock qu’en mode portable, le jeu est « moche ». Les textures sont plus que baveuses et peu détaillées. Le jeu nous replonge dans la génération de la PS2. C’est faux théoriquement de dire ça, mais on a cette fâcheuse impression de voir un jeu en 480p datant d’il y a 20 ans.  Giraffe and Anika a été développé par le studio japonais Atelier Minima, dirigé par le mangaka Atsushi Saito. Sorti en début d’année sur Steam, il s’agit du premier jeu de ce studio et il a franchi les frontières grâce à l’éditeur Playism. En d’autres termes, c’est un jeu indé. Certes il est impératif d’être conciliant et mesuré, mais il faut garder une certaine raison notamment au vu des jeux indé sortant à notre époque. Il est donc difficile de feindre l’ignorance et de ne pas prendre en compte ce détail dans la balance.

Les contrôles manquent également légèrement de souplesse notamment le saut ou bien la caméra. On remarque plusieurs temps de chargement anormalement longs et dissimulés un peu partout. Le jour cycle et nuit manque de caractéristiques et semble à deux ou trois choses près, peu utile ou tout du moins mal employé.

Malgré cette patte chatoyante, le jeu est plus que limité techniquement.

Conclusion

PLUS

+ Un jeu indépendant plein de charme

+ Une histoire touchante et épurée bien amenée

+ Les phases de rythme plaisantes

MOINS

– Rythme de jeu disparate et forte possibilité d’être bloqué dans la quête principale

– Level design et gameplay trop rudimentaires pour un plate-former aventure

– Contenu du jeu peu important

– Textures arriérées datant d’il y a 20 ans. Très limité techniquement

– Des contrôles à peaufiner

Note :
5/10
0

En dépit d’une bonne volonté et d’une aura enchanteresse, Annika and Giraffe n’aura pas réussi à faire chavirer mon cœur. L’histoire éthérée ainsi que les phases de rythme sont les deux éléments que j’ai le plus apprécié. En revanche, tout le reste oscille entre des hauts et des bas. Cette première œuvre du studio Atelier Minima ne peut se présenter comme un conte des plus charmants mais davantage à mon sens comme un essai qui amènera le studio à tirer profit de cette expérience et des retours des joueurs pour présenter un jour des œuvres fantastiques sans doute meilleures.

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